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En librairie le 7 mai 2012 |
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288 pages
16 €
ISBN : 978-2-86432-686-1 |
Octobre 56. Tandis qu’on fête le mariage d’Alfred et Marinette, les deux commis de l’alimentation générale Lorca – épicerie fine, légumes secs, produits d’Espagne, détail et demi-gros – dans la grande salle des Combattants à Bordeaux, Karim, jeune Algérien nouvellement exilé, attend le Kabyle – son unique contact qu’il ne connaît pas. Plus tard, son destin croisera brièvement celui de Maxime, l’étudiant anticolonialiste appelé sur le théâtre des opérations à combattre le FLN et les indépendantistes. Dans une alternance de scènes burlesques et dramatiques, le jeune Federico, l’enfant récitant de la famille Lorca, fait son apprentissage : il est le témoin de cette France qui aspire à la modernité en même temps qu’elle se trouve confrontée à la tragédie de la guerre. Le romancier, qui nous donne à voir un reflet éclaté et très diversifié de cette période troublée, évoque avec finesse le déchirement des consciences autant que la vitalité et l’allégresse qui règnent dans la petite société des commerçants de la Halle. Le style, construit sur une oralité subtilement travaillée, donne à ce roman un ton vivant et un caractère très singulier.
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En librairie le 13 avril 2012 |
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Traduction de l’allemand (Autriche) par Patrick Démerin et Dieter Hornig 160 pages
16,50 €
ISBN : 978-2-86432-678-6 |
Créée en 1994 à Vienne, Restoroute est la huitième pièce d’Elfriede Jelinek qui la définit comme sa « première véritable comédie ». Le sous-titre, L’école des amants, indique la filiation de cette œuvre avec le Così fan tutte de Mozart et Da Ponte, dont elle est la réécriture burlesque et grinçante. Pour l’écrivain qui se définit comme « une incurable moraliste », l’échangisme apparaît comme l’illustration de « la terreur de la liberté » : une sexualité sans frein où le désir féminin qui se donne prétendument libre cours n’aboutit qu’à une ritualisation grotesque de la performance sexuelle et se mue en une servitude terrifiante. Animaux, pièce créée à Vienne en 2007, se compose de deux monologues. Dans le premier, une femme bourgeoise mélancolique exprime sa soumission à son amant et aspire à ce que celui-ci use d’elle selon son bon plaisir. Dans la deuxième partie qui, selon les termes de l’auteur, « efface et ridiculise la première », ce désir se trouve pris au pied de la lettre : la prostitution érige l’homme en seigneur et maître, pour qui les femmes ne sont que du bétail. Dans ces deux pièces violemment satiriques, le jeu théâtral repose sur la puissance subversive du langage qui passe au premier plan et met en évidence la monstruosité du monde contemporain. |

Préface de Frank La Brasca.
Traduit de l’italien et annoté par Michel Orcel. 128 pages
14,50 €
ISBN : 978-2-86432-644-1 |
« Se pourrait-il que tout cela ne soit qu’un rêve, que tu ne sois rien d’autre qu’un produit de mon imagination, et que toutes les conversations que j’ai eues avec toi par le passé ne soient que des songes ? » C’est dans les geôles de Ferrare que Le Tasse écrivit en août 1580 Le Messager, un de ses dialogues les plus mystérieux, les plus envoûtants, les plus vifs aussi. Il porte sur ces voix qui nous traversent, nous aident et nous sollicitent dans le rêve comme dans l’existence vigile. Chacun d’entre nous a déjà rencontré ces créatures que Walter Benjamin définit comme « crépusculaires » et inachevées, semblables aux gandharva des sagas indiennes, mi-génies célestes, mi-démons. Ainsi, nous sommes peuplés : de rêves, de visions, de contemplations, d’images – de messagers. Et si nous sommes si peu certains de l’existence de ces êtres que nous recourons souvent à l’expression convenue de « fantômes », toute une tradition nous précède qui accordait à ces apparitions, à la manière dont elles s’inscrivent et agissent en nous un intérêt qui dépasse de loin l’histoire des idées. Quand Montaigne rendit visite au Tasse, « l’un des plus judicieux, ingénieux et plus formés à l’air de cette antique et pure poésie qu’autre poète Italien avait de longtemps été », il évoqua « cette clarté qui l’a aveuglé ». Cette sombre clarté nous éclaire. Elle fait de la lecture du Messager un voyage parmi les figures du passé ainsi qu’une exploration parmi les ombres qui nous habitent. |

Préface de Gérard Dessons 768 pages
39 €
ISBN : 978-2-86432-676-2 |
Toujours annoncé, jamais terminé, pendant plus de trente ans ce livre est passé, aux dires mêmes de son auteur, pour un livre « infaisable ». Pourtant, en décembre 2008, Henri Meschonnic mettait un point final à sa longue entreprise. Cette étude sur le rapport de l’histoire et du langage montre exemplairement que tous les mots sont des phrases, tous les mots sont des discours. L’histoire est le devenir collectif de chaque parole. La question que pose Henri Meschonnic à propos du travail de Sartre sur Flaubert : « Qu’est-ce qu’être son propre contemporain ? » contient l’enjeu majeur de Langage, histoire, une même théorie, puisqu’elle interroge chacun sur le sens de son propre statut d’individu dans le rapport à la société. Car l’histoire est bien autre chose que le temps : elle est le social, le rapport signifiant de l’individu à la collectivité. De sorte que tout ce qui arrive me situe nécessairement et m’identifie. |

608 pages
17 €
ISBN : 978-2-86432-677-9 |
Ce livre est une théorie d’ensemble de la traduction. Par son point de vue et son ampleur, il n’a pas d’équivalent parmi les ouvrages qui traitent du traduire. Il propose une critique, c’est-à-dire une fondation, des principes qui relient l’acte de traduire à la littérature. Il commence par l’examen des idées reçues, et l’histoire de la traduction en Europe, continent culturel bâti sur des traductions, à l’inverse d’autres, et bâti sur l’effacement de leurs effacements. L’objet est de fonder la nécessité de tenir l’acte de traduire, et ses résultats, par le fonctionnement des œuvres littéraires. D’où une critique de l’étude des traductions comme discipline autonome, qui revient à la remettre à l’herméneutique, aux seules questions de sens, en méconnaissant que le langage fait autant et plus qu’il ne dit. La question de la poétique est comment. Seule une théorie d’ensemble du langage et de la littérature peut situer la spécificité du traduire. Car on ne traduit pas seulement des langues, mais des textes. Si on l’oublie, cet oubli se voit. C’est ce qu’il faut montrer. L’élément déterminant est ici le rythme, et le continu. Poétique du traduire prolonge Critique du rythme. Une première partie établit la poétique du traduire comme éthique et politique des rapports entre identité et altérité, dans les transformations du traduire. Une seconde partie met des traductions à l’épreuve d’une poétique des textes. La théorie et la pratique sont inséparables. Les textes traduits vont du sacré à la poésie, au roman, au théâtre et à la philosophie. Ils passent par l’hébreu biblique, le grec ancien, le chinois classique, l’italien, l’anglais, l’allemand et le russe. |

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En librairie le 15 mars 2012 |
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608 pages
35 €
ISBN : 978-2-86432-675-5 |
Le cinéma cadre les corps. Et l’histoire du cinéma pourrait se raconter comme le désir de ces corps d’être cadrés – mais aussi comme leur résistance à se soumettre tout entiers à la discipline du cadrage. Car le cadre est une pression que le corps filmé désire mais aussi subit. Les bords du cadre, qui séparent le visible du non-visible, sont les agents de cette lutte des corps dans les cadres. Entrant et sortant du cadre, le corps filmé affirme les enjeux du hors-champ. Il s’agit donc de reprendre l’histoire du cinéma comme histoire politique au plus près des corps, de leur soumission ou de leur liberté. Du corps acteur comme du corps spectateur : l’un et l’autre invités à la liberté du hors-champ, à ne pas tout céder à l’empire du spectacle. Jean-Louis Comolli prolonge la remise en jeu de l’histoire du cinéma entamée dans Voir et pouvoir et réunit dans Corps et Cadre ses textes critiques et théoriques parus entre 2004 et 2010. La question du hors-champ est le fil rouge qui court à travers les films étudiés ici, de Louis Lumière, S.M. Eisenstein, Luis Buñuel, Pedro Costa, Raymond Depardon, John Ford, Chris Marker, Abbas Kiarostami, Ginette Lavigne, Jean Renoir, Jean Rouch, Claudio Pazienza, Frederic Wiseman, Jia Zang Khe… En ce temps de surexposition médiatique, la part de l’ombre, sauvée par le cinéma du hors-champ, est devenue un enjeu esthétique – et politique – majeur. |

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En librairie le 1er mars 2012 |
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144 pages
13 €
ISBN : 978-2-86432-672-4 |
Quel est le problème ? On le dira ici simplement, tant est criante son actualité. Il s’agit de trouver les lieux où peut se dire le politique. Non pas la parole instituée et instituante de la grande émotion révolutionnaire, mais celle, vibrante, efficace pour chacun, qui cheminera librement dans nos vies. Car elle s’énonce partout, sauf là où elle s’annonce comme politique. Face aux textes, devant l’image, il faut pour la saisir s’adonner à quelques exercices de lenteur. Faire comme eux, les trois philosophes. Trois hommes d’âge différent, qui méditent, qui commentent et qui espèrent. Ils prennent la mesure de la diversité du monde, tandis que le jour faiblit. Mais qui sont-ils ? Giorgione a peint la succession des âges comme une énigme. Alors tentons de les faire converser, depuis le pli du temps qu’ils occupent, arrêtés là, désœuvrant le cours glorieux des siècles – dans l’entretemps. |

Récits. Traduit du russe par Hélène Châtelain 256 pages
18,50 €
ISBN : 978-2-86432-662-5 |
Chacun de ces récits est un voyage vers un lieu obstinément déplacé, décentré : la source introuvable de la Volga, les espaces infinis des steppes de l’Asie Centrale où la Russie européenne se perd dans les méandres des civilisations asiatiques. Touva, aux confins de la Mongolie, terre de chamans où se mêlent les croyances et les langues. Tchevengour – ville mythique de l’ingénieur-écrivain Platonov tournée vers la Caspienne – qui, écrit Golovanov, lui a rendu tout renoncement impossible. Les espaces improbables de Klebnikov, le poète errant. Ou encore, entre Moscou et Saint-Pétersbourg, conçu par le père de Bakounine, le parc de Priamoukhino que tente de sauver la nouvelle génération anarchiste. Ces six récits prolongent la double interrogation qui court dans les écrits de Vassili Golovanov : l’exploration des espaces de la langue et de la terre, l’une et l’autre liées par une filiation secrète et complexe, et le souci de la transmission de ce qui fut à ce qui vient.
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Première édition publiée en 1998 dans la collection «Philia». 304 pages
9 €
ISBN : 978-2-86432-681-6 |
Et s’il venait à l’esprit de désigner parmi tous les objets du monde celui qui serait l’Objet du XXe siècle ? L’Objet Moderne ? Que dans ce siècle de triomphe des objets on se tourne d’abord vers l’art, ce n’est pas pour faire joli, mais parce que les œuvres d’art sont des objets un peu spéciaux : des objets qui pensent et qui font voir – spécialement ce que c’est qu’un objet. Un genre de lunettes intelligentes. Et ce que des œuvres inaugurales de l’art de ce siècle nous découvrent – merci Duchamp ! vive Malevitch ! –, c’est une chose assez curieuse, des objets tout tissés d’absence, au point qu’objet et absence d’objet ce serait presque tout un. On dira que l’absence ce n’est pas vraiment un objet, pas comme une chaise ou un ours en peluche. Objet subtil, mal visible, peut-être, mais qui niera qu’on s’y cogne parfois durement ? Et comment ne pas buter contre le fait qu’au cœur même de ce siècle se sont dressées des usines à absence, conçues pour fabriquer de l’absence comme des savonnettes ? Auschwitz & Co. Que le siècle de l’objet aura autant été le siècle de l’absence, voilà l’idée. Que l’art nous montre ça, voilà le soupçon. Nos sociétés font tout pour nous distraire. C’est gentil. Fermez les yeux, telle est l’invitation au sommeil dont elles nous bercent. Je tiens que l’art de ce temps convie à autre chose : à ouvrir l’œil, et regarder le siècle. C’est dur, mais juste.
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En librairie le 16 février 2012 |
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Traduit du japonais par René Sieffert 864 pages
22,50 €
ISBN : 978-2-86432-596-3 |
Après Le Dit de Hôgen et Le Dit de Heiji, voici le troisième volet de la grande trilogie classique du Moyen Âge japonais, Le Dit des Heiké. Il s’agit de la version épique des événements qui ont bouleversé les structures politiques et sociales du Japon dans la seconde moitié du xiie siècle, à savoir l’intrusion dans la vie politique des deux clans guerriers des Taïra (ou Heiké) et des Minamoto (ou Genji), et de leur affrontement pour le contrôle d’un pouvoir qu’ils avaient arraché au clan aristocratique des Fujiwara, étroitement lié à la maison impériale. Le Dit des Heiké conte l’irrésistible ascension des Heiké, leur pouvoir absolu jusqu’à la mort de Kiyomori, le soulèvement des Genji, l’écrasement définitif des Heiké et l’instauration d’un nouveau système politique, le gouvernement des shôgun de Kamakura au bénéfice de Minamoto no Yoritomo (1147‑1199). Ces récits constituent la source où puiseront, à toutes les époques, les romanciers et les dramaturges. Ils étaient à l’origine colportés par des aveugles, les « moines au biwa », qui les racontaient partout, village ou château, à travers l’archipel.
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128 pages
8 €
ISBN : 978-2-86432-670-0 |
« Voilà longtemps que rien n’est venu s’opposer véritablement à l’ordre des choses. Même, presque tous ceux qui prétendaient mener une critique sociale ne se sont nullement rendu compte de l’anachronisme de leurs armes. C’est pourquoi il n’est peut-être pas tout à fait inutile de revenir à cet appel d’air, à travers lequel, cherchant à ce que le vent se lève, j’avais misé moins sur la poésie proprement dite que sur l’insurrection lyrique qui en est à l’origine et réussit parfois à embraser tout le paysage. Ce qui n’est pas sans danger. S’il est alors possible de voir s’illuminer des pans de réalité insoupçonnée, il n’est pas d’édifice théorique qui n’en soit implicitement menacé, chacun ne tenant dans cette lumière que par l’intensité de ce que ses fenêtres laissent voir ou non. Tel est aujourd’hui le risque à courir pour que le regard commence à porter au loin. »
A. Le Brun
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Présenté et annoté par Yann Potin 144 pages
8 €
ISBN : 978-2-86432-671-7 |
Voici un livre oublié, car égaré dans le pli des événements, entre guerre étrangère et guerre civile. Publié à Florence en janvier 1871, moins de trois mois avant le tragique épisode de la Commune de Paris, La France devant l’Europe est une œuvre crépusculaire, nourrie par le désespoir d’un homme qui n’a pourtant cessé, au cours de son travail d’historien, d’annoncer la « Révélation » d’une humanité enfantée par l’éclair de la Révolution française. Ce petit texte aussi nerveux que précipité, fut écrit dans la fuite et l’exil, face à la défaite et à l’invasion du territoire national par les armées de Bismarck. C’est donc un livre de l’effondrement, qui tente de penser le désastre avant même son issue. Il ressort de cette prise de parole et d’écriture prématurée une sorte de prophétisme maladroit et sublime, suspendu dans le temps et qui semble être autant écrit pour soi que pour les autres. |

Traduit de l’allemand par Bernard Banoun et du japonais par Cécile Sakai 128 pages
13 €
ISBN : 978-2-86432-667-0 |
Invitée à donner trois leçons de poétique à l’université de Hambourg, Yoko Tawada prononce sa première conférence le 4 mai 2011, moins de deux mois après la catastrophe qui marque d’ores et déjà un tournant décisif de l’histoire du Japon moderne. Son propos s’en trouve, dès lors, transformé. Le nom de Fukushima s’inscrit désormais à côté de celui de Hiroshima comme un emblème de la relation problématique que le Japon entretient avec sa propre insularité et avec l’altérité occidentale. Ces conférences sont l’occasion de s’interroger sur l’image du Japon en Occident depuis trois siècles. Après avoir tenté de concilier le strict isolement qui préservait sa culture avec l’établissement de relations commerciales très circonscrites, le Japon a fini par accueillir sans retenue la modernité occidentale. Évitant le piège qui consisterait à juger une culture par l’autre, Yoko Tawada préfère éclairer les transferts et les glissements de sens opérés par l’Histoire, afin de mieux comprendre le présent. Les thèmes de ces leçons entrent de ce fait en résonance avec les textes que la romancière a publiés dans la presse germanophone en réaction à la récente catastrophe nucléaire. Augmentés d’un texte plus récent écrit en japonais, ils illustrent la vigilance critique de l’auteur et constituent une première réponse à l’injonction d’«écrire après Fukushima». |

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