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  Trois auteurs

  Pierre Michon

  Récit

  96 pages
10,50 €
ISBN : 2-86432-263-3

Résumé

     « On entre dans un mort comme dans un moulin. » Pour peu que ce mort soit un auteur, et qu’on se mêle soi-même d’écrire, alors c’est un moulin à vent avec lequel on doit découdre, ou passer son chemin. Le critique, qui accepte bravement le combat, est le Don Quichotte du texte, dont le moindre coup d’aile l’envoie au tapis. Je suis moins audacieux : dans l’ombre bienveillante de trois grands moulins, j’ai mis trois machines réduites, en miroir, en offrande. Voici ces petits moulins à vent.

P. M.



Extrait du texte

     De Lucien de Rubempré, le paradigme du jeune poète, celui à qui sempiternellement on écrit des lettres, à qui on prodigue des conseils : « L’entraînement de la méditation avait donné à Lucien l’habitude de s’accouder aussitôt qu’il était assis, et il allait jusqu’à attirer une table pour s’y appuyer. » Et bien sûr, le menton dans la main, tout cela suave, mais rugueux, juvénile : c’est peut-être à cause de Rubempré que Fantin-Latour a donné à Rimbaud la pose mythologique qu’on sait, ce mixte d’Apollon et d’un petit dieu frondeur des jardins ; à moins que Rimbaud n’ait pris pour coutume cette pose de Rubempré pour l’avoir lue dans Balzac – et Fantin charmé n’eut plus qu’à copier. Sans le répertoire de rôles et d’attitudes littéraires que sont les Illusions perdues, peut-être les auteurs français de la fin du siècle seraient-ils, corps et œuvre, aussi différents de ce qu’ils sont que les poètes chinois le sont des anglais.



Extraits de presse

    Culture a confine, mars 2008
    par Nathanaël Gobenceaux


     Le portrait que nous offre Michon du grand Honoré est pertinent et témoigne d’une parfaite connaissance de l’homme et de l’œuvre. Il constitue un bel hommage.

     R. Guinot, La Montagne, 6 avril 1997.

 

     Il y aura toujours des gens pour déplorer que Pierre Michon fasse double profit de ses textes, que, frappé d’une difficulté maladive à écrire, il passe des mois entiers à répéter ce qu’il a dit les mois précédents. Une lecture de ces deux livres ne me permet pas de les laisser dire : d’une part, mis en lumière avec les autres, chacun de ces textes prend un autre sens, à la fois plus lumineux et plus complexe ; d’autre part, ils sont souvent si beaux qu’ils ont sans cesse raison d’être relus.

     Tiphaine Samoyault, La Quinzaine littéraire, 16 avril 1997.

 

     Ce Michon-là, dépouillé, sans falbalas, la phrase ouverte comme un couteau, n’a pas son pareil dans l’actuel paysage littéraire français.

     François Salvaing, Humanité-dimanche, 10 avril 1997.

 

     Les livres de Michon nous enrichissent de toutes ses interrogations sur le monde, nous inclinent à plus de finesse, de réflexion, d’humilité. Un certain Montaigne, préoccupé de la formation de l’honnête homme, n’attendait pas autre chose de la lecture.

     Corinne Denailles, Le Nouveau Politis, 10 avril 1997.

 

     Pierre Michon évoque de façon inattendue, Balzac, Faulkner, ainsi que l’écrivain suisse Cingria, gratifié d’un subtil hommage. La prose énorme et profonde de Michon y fait merveille.

     Le Généraliste, 18 avril 1997.

 

     Si son hommage à Balzac et à Cingria est pertinent, subtil, simple, net – comme Michon, toujours, sait l’être –, c’est son texte sur Faulkner qui est magnifique, émouvant dans son intimité, sa presque timidité, sa gêne.

     J. S., Le Monde, 9 mai 1997.

 

     Voilà un livre rare dont l’utilité pédagogique est précieuse. Les textes sont des prétextes mais la prose en est si pure que n’importe quel professeur de lettres peut utiliser des passages de Michon pour dégager la qualité de l’écriture. Indépendamment de l’information sur les écrivains, les pages de Michon suscitent une réflexion orientée immédiatement vers le goût d’écrire.

     M. Czarnecki, Choisir, juin 1997.

 

     Styliste inventif comme dans ses autres œuvres [...], Pierre Michon sait ici donner à son admiration un ton de liberté plein de charme.

     Notes bibliographiques, juin 1997.