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  Acqua fondata

  Bernard Simeone

  192 pages
14,50 €
ISBN : 2-86432-255-2

Extrait du texte

     Comment croire que ces contours devenus lieux communs, cette botte, cette péninsule – mots dont on voudrait écarter le cliché, peuvent encore se prêter au désir ? C’est l’amour incrédule qui convainc de faire glisser un doigt, du nord au sud, par-delà les Alpes, sur une ligne où des noms éveillent et détruisent d’un même éclair le paysage. Un portrait se dessine, fragments ou kaléidoscope, en forme de lieux, de rencontres, d’obstinée tension, contradictoire, vers l’origine. Autoportrait ? Plutôt la figure de l’artiste à la lisière du retable, comme aux temps anciens, élève et non maître du décor. Ces pages ne composent rien d’autre qu’un ordre de marche : explorer les confins du dedans, les confronter à ceux qu’on dit terrestres ou linguistiques, rassurants d’être moins difficilement repérables. Italie, depuis longtemps on doit l’écrire au pluriel, mais un singulier persiste, et les mots de Joseph Brodsky : « Vous ne savez donc jamais, lorsque vous avancez de par ces labyrinthes, si vous poursuivez un but ou si vous cherchez à vous fuir, si vous êtes le chasseur ou la proie. » Qu’importe alors si de tels instants ne font que répéter une enfance, une promesse inutile mais tenue.



Extraits de presse

      Dans les brefs chapitres où il met à nu son amour ambigu et violent pour « une Italie toujours tue sous l’extase feinte ou la hargne, sous le refus harassé d’être elle-même », Simeone fait entendre sa voix avec une émouvante authenticité. Les visites aux écrivains sont entrecoupées d’intermèdes musicaux et de visions picturales. Il y a dans ce livre une liberté à la Valery Larbaud, une ferveur tempérée par la fermeté de l’érudition et de la fidélité, dans ses émerveillements, mais aussi ses déceptions et ses angoisses.

     René de Ceccatty, Le Monde, 7 février 1997

 

     En scindant le nom de l’origine, Acqua fondata, il a du même coup échappé au gouffre de l’autobiographie pour se faire duel, sillon, passage, rencontre. Il sera donc désormais cela, l’homme qui dit le pluriel, la métamorphose, l’infinie variation du monde.

     Alberte Sterck-Spinette, La Libre Belgique, 14 février 1997

 

      L’auteur a rassemblé autour de lui ses outils d’artisan : une origine italienne, une activité de traducteur d’italien, travail de précision, et d’écrivain, œuvre de création, et enfin « cette botte, cette péninsule » dont les contours « peuvent encore se prêter au désir ». Quand on a tout cela à portée de main sur l’établi, on peut façonner une planète parfaitement ronde, un livre-cosmos d’une homogénéité absolue, langue, pensée, sentiments et culture.

     Nicole Casanova, La Quinzaine littéraire, 16-28 février 1997