Arbres ! Votre verticalité est la voie d’une prise de conscience, celle qui anime l’univers aux moindres souffles, couleurs, mots qui s’inventent créateurs. Les mythes se promènent parmi eux avec des ramures de cerfs imaginaires. Venu des tréfonds de vos mémoires un écureuil monte et descend. Il transmet les défis mutuels que se portent le serpent, et l’aigle… Sourire infini de la Parole errante Les arbres devront se dire, un chandelier avec multitude de branches, dont un dieu à peine inventé donna le modèle à Moïse (pas encore rectifié par Freud) lequel prend forme de l’arbre de vie. Les branches deviennent des corps planétaires, et les feuilles les yeux d’une étoile. Deux oliviers neveux y sont le prophète Zacharie, et l’huile pour les lampes, encres de ses écritures. Strabismes imposés par la tradition de tous ces mouvements d’Univers mais peut-on y chevaucher une écriture ? La réponse a toujours été interrogation. Une mouche ne peut-elle pas se retrouver avec une patte à la place d’une antenne ou une aile, là où devrait se trouver un œil ? L’Histoire arrive toujours ventre à terre. (Elle est en toge de béotien.) Elle dépose devant les arbres d’un point cardinal, de la viande bouillie, et elle attend les signes que les oiseaux entrecroiseront devant elle. Une corneille finit toujours par arriver. Elle emporte le morceau, et va le consommer sur l’arbre d’à côté. Pour les béotiens c’était autrefois un signe à l’intelligence duquel, il fallait participer. Quelle que fut la taille de l’arbre, ils réduisaient l’arbre au langage de la cognée. Ils allaient même jusqu’à inventer « la danse de l’arbre » autour du bûcher auquel ils le réduisaient. Ces manifestations sont en partie ce qu’on appelle la civilisation grecque. La nôtre.
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