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Borromini Rome, architecture baroque |


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Avec de nombreuses reproductions |

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128 pages
19 €
ISBN : 2-906229-28-8 |
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Borromini (1599-1667) est cet architecte italien qui aura
tenté avec courage, sans compromis, de dégager la culture de son temps
du dogmatisme, de la superficialité et d’une célébration passive du
présent. Il invente pour le futur, et parfois même « contre »
le présent ; mais sa rébellion adopte une forme
« diversifiée », mesurée, subtile et pleine de douceur. Pour
cette raison même, ses œuvres nous parlent encore. Tout en revendiquant
le droit à « l’invention des choses neuves », il s’efforce
sans cesse d’établir entre l’ancien et le moderne un rapport
dialectique, progressif, s’appuyant sur l’héritage du passé ;
ainsi s’explique le mélange d’audace et d’humilité de son enseignement.
Il nous aide, en fait, à surmonter l’antithèse abstraite entre le
classicisme et l’anticlassicisme. L’interprétation de Argan met en
lumière la dimension tragique de l’œuvre de Borromini sans chercher le
moins du monde à l’assimiler à celle du Bernin. Ce dont il s’agit,
c’est de reconstituer cette œuvre de manière globale, en attribuant à
chacun des aspects qui la caractérise l’importance qui lui revient. |

L’Architecture d’Aujourd’hui par Jean-Claude Garcias
[…] Aussi difficile à situer dans la carrière de son auteur que dans
l’histoire de l’art et de la culture italienne, ce Borromini se
présente comme un travail des fifties étrangement enkysté dans le débat
des nineties. Il peut à ce titre relever d’une analyse strictement
positiviste : un bel objet sur beau papier bien encollé, cinquante
pages de texte et soixante-dix illustrations. Au-delà de la comparaison éculée avec le baroque plus officiel du
Bernin, la thèse d’Argan est globalement la suivante : comme son
contemporain Caravage en peinture, le sombre Borromini a pratiqué une
architecture de l’excès. Argan s’intéresse surtout au « caractère
à la fois archaïque et futuriste de l’œuvre », qui combine
effectivement un style personnel jusqu’à l’autisme et un technicisme
maniaque proche du gothique.Traits qu’on retrouvera chez Hawksmoor, qui
partage aussi avec Borromini autodidaxie, caractère ombrageux et
angoisse religieuse. Argan essaie de comprendre les réactions
épouvantées de Milizia et Quatremère devant cette « œuvre de
fou » ou « architecture à l’envers » : les
néo-classiques sentaient confusément qu’il n’y avait pas que du
« caprice » chez Borromini, que ses formes à rebours
mettaient à mal leurs prétentions progressistes. Il note très justement
que la tectonique borrominienne privilégie « les matériaux humbles
et artificiels » comme la brique, le stuc et le plâtre, sans doute
parce qu’il compte sur la technique pour « transformer ces humbles
matériaux en matière précieuse ». Argan s’était fixé comme but la
réhabilitation de Borromini après les procès posthumes que lui avaient
intentés les classiques comme les modernes. Mission accomplie, encore
que la dernière ligne du texte compare l’œuvre au « scintillant
éclat d’une révolution manquée ». […] On trouvera difficilement un
texte plus pénétrant et généreux. Une question demeure cependant :
pourquoi diable Borromini s’est-il fait hara-kiri ? ».
Urbanisme [Concernant] la traduction française, par Claire Fargeot, du
remarquable petit ouvrage de Giulio Carlo Argan, le célèbre historien
de l’art, consacré à Borromini, l’auteur note que l’architecture de
Borromini est un « exemple unique d’euphuisme, un choix précieux
de mots et de phrases désuets privés de leur contenu d’origine et
acquérant, comme par miracle, une signification, un lustre et un
attrait inusités. La nouveauté réside alors justement dans cette
absence de contenu, dans cette projection hors du temps, ce va-et-vient
entre un passé et un futur également inaccessibles, cette
reconnaissance amère et lucide d’une fin du classicisme, cette liberté
illusoire et précaire qui naît de la mort d’une culture et de la
rupture d’une tradition, ce sentiment de vide, enfin, qui est tout à la
fois anxieux et allègre, élan et vertige devant l’abîme ». |

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