Accueil
Littérature française
  Collection jaune
L’Image
Chaoïd
Fondation empreinte

Littérature étrangère
  allemande
anglaise
espagnole
italienne
russe Slovo
russe Poustiaki
grecque
japonaise

Verdier poche

Philosophie

Hébreu

Islam

Sciences humaines

Art et architecture

Tauromachie

Cuisine

Revues


vidéos

nouveautés

agenda


Lettre d'information

Informations générales

Sites conseillés

banquet du livre



 
  Bric et broc

  Olivier Rolin

  144 pages
13,50 €
isbn : 978-2-86432-639-7

Résumé

Tout en pensant qu’il n’est pas indélicat, pour un écrivain, de réfléchir à sa pratique de l’écriture et de la lecture, que c’est même assez souhaitable, je crois aussi qu’il doit se convaincre de ce que Valéry écrivait dans Rhumbs : en art, les théories qu’on peut se former ne peuvent prétendre à une portée universelle, ce sont des bricolages qui servent surtout à leurs auteurs, des lanternes qui n’éclairent, sur les chemins nocturnes, que ceux qui les portent.
Ce recueil rassemble une collection hétéroclite (comme son titre l’indique) de petites lanternes personnelles. À côté de textes à visée plus ou moins générale sur la littérature, on en trouvera d’autres dont l’objet est plus nettement circonscrit, notamment un hommage au Hugo des Choses vues et une lecture de l’Iliade où éclate, je l’espère, un peu de l’enthousiasme éprouvé à revisiter les beautés de cet immense poème, que je n’avais plus fréquenté depuis ma jeunesse.
O. R.
                      


Extrait de texte

   Une vision, pour finir. On est le 7 juin 1859, Hugo, sur un cap de Guernesey, observe les approches d’une tempête. Ciel et mer comme de grandes ardoises, barrées d’un immense nuage blanchâtre. « Au point où il touche l’horizon, un vaste écrasement de vapeur rouge. » Tout est suspendu, immobile, ni vent, ni vague, ni voile. « Les oiseaux se cachent. Feux de peloton dans la nuée. » On se souvient l’avoir vu ainsi, contemplant la mer, sur des photos de son fils Charles. C’est une image, croyons-nous, du Hugo grandiose, « et s’il n’en reste qu’un je serai celui-là », c’est une statue, homme minéral taillé dans le roc, face à l’infini. (Chateaubriand se serait sûrement fait prendre en photo ainsi, s’il n’était pas mort trop tôt pour poser devant une boîte.) En vérité, c’est ce que sa légende nous a habitués à y voir, alors que, plus simplement, c’est l’homme fasciné par les éléments, l’homme qui regarde, scrute, rêve, se laisse envahir par le spectacle de la nature, le curieux universel qui voit et cherche les mots pour dire les « choses vues » (les mots, il ne les cherche pas longtemps, il en a beaucoup). « Le nuage crève. De grandes araignées de pluie s’écrasent autour de moi sur le rocher. » C’est le dessinateur, le peintre tumultueux des paysages marins : éclaboussures, rayures, traînées, coulées d’encre noire, d’encre brune, voiles de lavis, d’aquarelle, frottis de gouache, lueurs blanches, azurées, volutes d’ombre sous des hachures sépia. Edmond de Goncourt rapporte une conversation où il parle de « l’espèce de serre » (le look-out) qu’il a fait faire sur le toit de sa maison : « C’est la meilleure stalle pour voir les grands spectacles de la mer, pour étudier le sens d’une tempête. Oui, on s’est beaucoup moqué de moi à propos de cela. Mais une tempête, ça parle, ça vous interroge, ça a des intermittences, des exclamations ! »
   Qu’ajouter à cela ?


Revue de presse

Presse écrite

   Le blog de l’École des lettres, dimanche 4 septembre 2011
   Olivier Rolin, romancier et bricoleur
   par Norbert Czarny



   Le Soir, vendredi 24 juin 2011
   Olivier Rolin voyage avec les écrivains
   par Pierre Maury

   Bric et broc rassemble des textes épars autour d’une belle colonne vertébrale.

   Depuis qu’il n’est pas mort à Bakou1, Olivier Rolin garde, nous en sommes heureux, les yeux ouverts. Il est allé en Sibérie2. Il a aussi rassemblé dans Bric et broc des textes moins disparates que l’annonce le titre.
   Les conférences, articles et préfaces sont une sorte de réflexion menée au fil du temps sur sa propre pratique de la littérature, souvent éclairée par d’autres écrivains. Ce livre est un dialogue où interviennent des voix multiples. Le roman, bien qu’il ait failli y renoncer il y a quelques années, lui semble toujours un excellent moyen de bousculer la société. « La politique range (comme semble le suggérer l’expression « mots d’ordre »), le roman dérange. »
   Les lecteurs d’Olivier Rolin ne s’étonneront pas de trouver le mouvement comme un des moteurs essentiels de la création romanesque. Il montre ainsi, par exemple, comment Claude Simon, dont l’écriture lui paraît moins « difficile » qu’on le dit souvent, se trouve dans le mouvement qu’il représente avec les mots.

   Les routes les moins fréquentées
   On attend l’écrivain, bien sûr, sur les routes les moins fréquentées de la planète. Ils ne sont pas si nombreux à s’être rendus à Port-Soudan. Le voici au Canada, près de Vancouver, où il retrouve, difficilement, l’espèce de cabane où Malcolm Lowry vécut de 1940 à 1954, y écrivant Sous le volcan. Avec Nikos Kavvadias, l’auteur du Quart, il repart en cargo, évoque Conrad et Typhon, Gracq et Le Rivage des Syrtes. Il y a Cendrars et sa gueule, « notre Hemingway, en plus vrai ». Les photos de Rimbaud à Harar. Et tant d’autres qu’il semble appeler pour l’accompagner dans une errance sans fin, où toujours se rejoignent la vie et la littérature. Ce qui est probablement pour lui la même chose.
   La liberté revendiquée par l’écrivain dans son travail et même les aspects subversifs qu’il y glisse semblaient ne pas l’avoir formé au commentaire. Sinon qu’il ne fournit aucune théorie. Il le regrette d’ailleurs quand il pense à toutes les lectures auxquelles il pourrait se livrer s’il s’y était mieux préparé, ou s’il avait plus de mémoire. Mais Olivier Rolin a la tête ainsi faite qu’il est capable de pêcher un détail ici, un autre là-bas, de les rapprocher d’une manière originale et de passer à côté des clichés sur lesquels d’autres seraient tombés comme dans une ornière. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on ne perd pas au change.

   1   Bakou, derniers jours, « Points », Seuil.
   2   Sibérie, Inculte.




   Le Nouvel Observateur, jeudi 12 mai 2011
   par Grégoire Leménager

   Puisque personne ne sait vraiment ce qu’est la littérature, autant écouter un peu les écrivains quand ils en causent. L’auteur de Tigre en papier s’est lancé. Dans un fourbi conceptuel éclairé de citations de Valéry, Flaubert et Lowry, ce révolutionnaire déçu par la politique esquisse une théorie marquée par le dernier Roland Barthes, où le roman est un « art du détail » et l’écriture un interminable bras-de-fer avec les lieux communs. Augmenté de brefs chapitres sur Malaparte, Cendrars ou Homère, c’est souvent bien vu, et bien dit.



   Blog Perspective(s), mercredi 11 mai 2011
   Olivier Rolin, invité de Verdier dans les Corbières
   par Serge Bonnery



   Le Magazine littéraire, n°508, mai 2011
   Nadeau, un siècle d’écrivains
   par Olivier Cariguel

   Éditeur, critique et directeur de la Quinzaine littéraire, Maurice Nadeau est une figure majeure de l’édition française. Voilà qu’il fête ses cent ans, et pour cet anniversaire plusieurs publications sont évidemment prévues. La plus passionnante est sans doute la réédition ne varietur de ses Mémoires littéraires, Grâces leur soient rendues ; mais il y a aussi Le Chemin de la vie, livre d’entretiens extraits de la série d’émission de Laure Adler « Hors-Champs » sur France Culture, complété par quatre textes critiques sur Henri Calet, Baudelaire, Balzac et Malcolm Lowry. Un livre qui reprend le titre de la première collection de Nadeau créée en 1947 aux éditions du Pavois où parurent Les Jours de notre mort de David Rousset. Le parcours de ce serviteur de la littérature est celui d’un enfant de la méritocratie : orphelin de père à 5 ans, puis pupille de la nation, Maurice Nadeau intègre l’école normale d’instituteurs, puis l’École normale supérieure de Saint-Cloud. Nommé professeur en collège, il rejoint le mouvement trotskiste, distribue des tracts à la sortie des usines et vend à la criée le journal La Vérité. Nadeau, qui avait tourné casaque devant les dérives staliniennes, ne s’en laissait pas conter. Au contact d’Adrienne Monnier, la grande libraire de la rue de l’Odéon, il découvre Georges Bataille et « l’expérimentateur » Henri Michaux. Engagé dans la résistance, il accède à la notoriété en publiant la première Histoire du surréalisme dès 1945. « Votre livre définitif, déjà traditionnel, où je vis que je n’étais pas oublié, qu’un homme avait voulu rappeler mon travail dans la vie », lui témoigna Antonin Artaud. À la Libération, Maurice Nadeau entre comme « rédacteur » à Combat, journal dirigé par Albert Camus et Pascal Pia. Il accueillera, cette fois chez l’éditeur Corrêa (et non aux éditions du Pavois, où il débuta), Au-dessous du volcan de Malcolm Lowry. Car Nadeau transporta, d’une maison d’édition à l’autre, les auteurs qu’il publiait dans sa revue les Lettres nouvelles : souvent il s’entendit dire que ses livres perdaient de l’argent, et souvent il fut prié de déménager. Son chemin intellectuel est jalonné par la révélation d’écrivains majeurs (David Rousset, Malcolm Lowry, donc, mais aussi Georges Perec, Leonardo Sciascia, Witold Gombrowicz, Michel Houellebecq…). Cet infatigable « héros du travail » (Michel Leiris) tient toujours sa maison d’édition, fondée en 1977.



   Notes bibliographiques, mai 2011
   par A.-M. Darras

   « Un peu de disparate n’est pas pour me déplaire » annonce Olivier Rolin dans son adresse à l’éditeur. Il livre, pêle-mêle, conférences – universitaires ou non – articles de journaux, préfaces, ou hommages à des écrivains. Un ensemble dont le matériau unique est la littérature, sous toutes ses formes, et le fil d’Ariane, l’écriture. Les intitulés des textes sont astucieusement choisis, selon le thème abordé, le public ciblé ou l’écrivain apprécié : « Cabane au Canada » pour Malcolm Lowry dans le Inrockuptibles, « Une gueule » pour Blaise Cendrars… Le romancier offre des balades qui vont de l’analyse stylistique, très universitaire certes, mais passionnante, à l’art du paysage chez différents auteurs en passant par « l’émotion éprouvée à redécouvrir l’Iliade » et son ardeur à « célébrer la langue grecque ». Amoureux des mots ou pas, on tombe sous le charme de ce bric-à-brac littéraire où chacun peut chiner à sa guise et « inventer » quelque précieuse pépite…



   Télérama, n°3197, samedi 23 avril 2011
   par Nathalie Crom

   De la profondeur, la désinvolture n’est pas forcément l’antidote. L’une et l’autre vont en réalité plutôt bien ensemble ; dans le couple plus équilibré que paradoxal qu’elles forment, il revient à la seconde de prendre en charge l’élégance, la légèreté, la nécessaire distance. De bric et de broc se compose donc ce recueil de textes, estime Olivier Rolin, choisissant de le titrer ainsi, Bric et broc, rendant compte de cette façon du caractère hétéroclite de l’ensemble – histoire aussi, sans doute, de dédramatiser la chose hautement sérieuse dont il est ici question : la littérature, les ressorts énigmatiques de ce qu’en la matière on appelle beauté. Car « je ne vois pas pourquoi écrire si ce n’est en effet pour arriver à de la beauté avec les mots », pose d’emblée Olivier Rolin, qui en cette quête (plus « hasardeuse », insiste-t-il, que celle du chercheur d’or) dispose d’une « boîte à outils » : les phrases, les livres de ceux qui l’ont précédé, ceux qu’il admire et au contact desquels s’est produite l’étincelle.
   Livre d’un écrivain qui médite sur l’acte d’écrire, Bric et broc est, dans un même mouvement, le livre d’un insatiable lecteur, attentif et connivent. Une collection d’exercices d’admiration dans lesquels l’argumentation, le décryptage ne viennent jamais assécher l’émotion esthétique initiale, mais au contraire la soulignent et la sculptent. Dans cette bibliothèque idéale, Les Géorgiques, de Claude Simon, côtoient les Choses vues, de Victor Hugo, L’Iliade est posée au côté de Moravagine, de Blaise Cendrars, Malcolm Lowry tient la porte à Malaparte, Flaubert et Proust sont omniprésents, tout comme l’ombre immense du magicien Chateaubriand… Chez chacun d’eux, Olivier Rolin, l’auteur de L’Invention du monde, de Port-Soudan, a puisé la nécessité de « la phrase belle et juste » qu’il poursuit à son tour. Tendant souvent, dans ce livre remarquable, à cette beauté évidente et saisissante, celle-là qui coupe court à tout commentaire, pour simplement susciter « les larmes, l’envie de se lever et de marcher ».



   La Croix, jeudi 14 avril 2011
   Instantanés de Sibérie
   par Alain Guillemoles

   En voyage dans le « Far Est » russe Olivier Rolin se confronte à la géographie et à l’histoire de ce territoire hors norme, où l’on se perd pour mieux se retrouver en face de l’essentiel.1

   […]

   D’un Rolin l’autre : on peut prolonger cette lecture par un autre livre du même auteur, Bric et broc, qui paraît chez Verdier. C’est un recueil de conférences, de textes donnés à des revues, et où il est question de littérature : qu’est-ce qui fait la beauté des mots ? Pourquoi écrire ? Un roman doit-il nécessairement avoir une intrigue ? Autant de questions anciennes, mais jamais résolues, bien sûr, et auxquelles Olivier Rolin apporte ses réponses.
   Olivier Rolin fait partie de cette génération qui avait choisi l’engagement politique, dans les années 1970, au côté des maoïstes français. Il lui a fallu du temps pour revenir de ce voyage-là. « J’ai commencé par avoir presque honte d’écrire. Je voulais être philosophe, marxiste, naturellement », dit-il. Plus loin, il indique que la littérature est pour lui un instrument de liberté. Olivier Rolin apparaît alors comme un lecteur boulimique, captivé par la fulgurante beauté qui peut naître, par surprise, d’une phrase. C’est au fond ce qu’il cherche, comme écrivain, quitte à aller au bout de la Sibérie pour trouver.

   1. cf. Sibérie, Inculte Fiction, 2011



   Le Magazine littéraire,
n°507, avril 2011
   Olivier Rolin, kit de lectures
   par Jean-Baptiste Harang

   La dialectique peut-elle casser des briques ? Vider des brocs ? Allez savoir. Olivier Rolin prévient que, autant que Bric et broc, le titre « Fourbi » eût convenu, mais qu’il était déjà pris (par Alain Tanner ?). Oui, « Fourbi » était parfait, son côté barda, paquetage du soldat, convient à la première partie du livre qui réunit des textes de réflexion sur la pratique de l’écriture dont le premier, « Boîte à outils », aurait pu, lui aussi, étendre son titre à l’ensemble de l’ouvrage. « Fourbi » était parfait car il dit à la fois le désordre des choses et les métaux qu’on fourbit jusqu’à leur brillance extrême, comme on polit les mots pour que la langue sonne juste. Mais va pour Bric et broc, qui rend compte du bric-à-brac du recueil, bien que le fatras y soit plutôt bien organisé. Les six premiers textes, où Rolin demande qu’on lui pardonne le risque pris à l’enfoncement de portes ouvertes, sont des conférences, des causeries qu’il donna çà et là. Le souci d’être compris à l’oral cache parfois la grâce de l’écriture derrière l’intelligence de l’exposition. Si l’on considère que dire les choses qui vont sans dire, mais vont bien mieux en les disant, relève du franchissement de libres issues, profitez de votre élan et passez votre chemin. Si, au contraire, il vous sied qu’on rappelle que « tramer de la beauté avec les mots est proprement l’objet de la littérature », que le style « commence par un écart, une déviation par rapport à l’usage courant de la langue », que, certes, « l’intrigue est le complot ourdi par l’auteur afin de s’emparer de l’esprit du lecteur » mais que « la gravitation romanesque est la force qui pousse, non à tourner les pages pour connaître les surprises que ménage l’intrigue, mais au contraire à s’attarder sur certaines pages, à les relire sans pouvoir se délivrer de leur attraction », si cela vous convainc, vous entrerez de plain-pied, par ces portes ouvertes, dans la seconde partie où l’écrivain a réuni, inédits ou pas, sept exercices d’admirations littéraires absolument épatants.
   Un texte à propos des photos que Doisneau fit de Cendrars : « Cendrars, c’est notre Hemingway, en plus vrai. » Un autre sur les photos de Rimbaud à Harar. Dans sa préface à une édition de La Peau de Malaparte, Olivier Rolin défend la place des descriptions dans le roman, puis le démontre en visitant la maison de Lowry à Vancouver, ce sont des choses vues, comme n’a pas dit Victor Hugo dans le pénultième hommage (« les textes forts suscitent parfois des réactions simples, les larmes, l’envie de se lever et de marcher »), avant de saluer sa nostalgie de lecteur en relisant L’Iliade. Dans son introduction, « À Verdier », Olivier Rolin évoque son ami Gérard Bobillier, dit « Bob », leur dernière rencontre avant que celui-ci ne meure, et cette demande de Bob de lui donner ce bouquet de bric et de broc pour le publier. Il termine cette première page ainsi : « Avec lui, il fallait être à la hauteur, c’est tout : et ils ne sont pas nombreux ceux qui vous obligent à vous élever. » Oui. Et vous en êtes un autre, monsieur Rolin.

Radio et télévision

« Répliques », par Alain Finkielkraut, France Culture, samedi 2 juillet 2011, de 9h10 à 10h
« Plan B... pour Bonnaud », par Frédéric Bonnaud, Le Mouv’, mercredi 1er juin 2011, de 16h à 17h
« À plus d’un titre », par Tewfik Hakem, France Culture, jeudi 28 avril 2011, de 16h à 17h
« La Grande Table », par Caroline Broué et Hervé Gardette, France Culture, lundi 21 mars 2011, de 12h50 à 13h30