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  Cantiques de l’âme
Chirei ha-néfech

  Meïr Leibusch Malbim

  Double commentaire sur le Cantique des cantiques.
Traduit de l'hébreu, annoté et commenté par Julien Darmon

  288 pages
18,50 €
ISBN : 978-2-86432-586-4

Résumé

Le Cantique des cantiques est, de tous les livres bibliques, le plus mystérieux. Chant d’amour, il est regardé comme le « saint des saints » de l’Écriture. Bien des commentateurs en ont négligé le sens littéral : quelques-uns se cantonnèrent à la glose lexicale, d’autres à des interprétations allégoriques ponctuelles, sans égard à la structure interne du texte.
Malbim entend voir, lui, sous le chant d’amour, le récit de la vie spirituelle du roi Salomon ; le récit de ses oscillations entre les inclinations du corps, les aspirations de son âme intellective et son amour du Bien-aimé divin. Il puise aussi bien dans la théorie aristotélicienne de l’âme (via notamment Maïmonide) que dans la doctrine cabalistique des mondes spirituels, et s’inspire même du système épistémologique de Kant, dont il cite nommément la Critique de la raison pure.
Malbim (né Meïr Leibusch ben Ye.hiel Mikhael Weiser, 1809-1879) est un maître polonais du judaïsme rabbinique. Confronté à la Haskala (les Lumières juives), il entreprit d’écrire un commentaire intégral de l’Écriture, tentant de montrer que l’exégèse rabbinique s’appuie sur une connaissance exacte et précise de la linguistique hébraïque, et qu’elle repose sur une conception du monde dont les intuitions recoupent certains résultats du savoir moderne de son temps : physique, météorologie, mais aussi métaphysique kantienne. Sa posture originale lui valut de vives oppositions de tous bords.
La présente traduction, outre le texte intégral du commentaire du Malbim d’après l’édition princeps, propose également une traduction inédite du Cantique, qui tente de rendre à la fois la littéralité du texte, sa musicalité et les multiples harmoniques que le présent commentaire fait entendre.


Revue de presse

Presse écrite

   Études, janvier 2010
   par Yves Simoens

   Ce « double commentaire sur le Cantique des cantiques » selon la Parabole et le Symbole, se trouve expliqué par Julien Darmon, le traducteur de l’original hébreu, dans sou introduction : « Les âmes du chantre ». M.-L. Malbim (1809-1879), maître polonais du judaïsme rabbinique, illustre la Haskala, les Lumières juives, dans son rapport à la philosophie kantienne et aux sciences de l’époque. Sa lecture s’inspire des quatre sens du pechat, « sens littéral ou premier », du rémez, « l’ensemble des connaissances et obligations sacrées, présentes dans le texte biblique sur le mode de l’allusion », du derach, « la lecture homilétique des versets bibliques », et du sod, l’enseignement cabalistique en l’occurrence (en abrégé : pardès). Le lecteur peu familier du Zohar et de la cabale est dérouté, mais assez en est dit pour stimuler l’intérêt à l’égard de cette interprétation. La lecture allégorique articule le Bien-Aimé au Seigneur céleste, la bien-aimée à l’âme spirituelle et divine, les filles de Jérusalem aux facultés du corps, l’enfermement dans le palais du roi à l’appétence des sens pour dominer l’esprit. Un glossaire des termes philosophiques hébraïques aide la consultation de ce bel ouvrage. S’en dégage la nécessité d’allier plus que jamais lecture anthropologique et théologique pour ne pas verser dans un certain ésotérisme qui risque d’éloigner du texte biblique.



   Information juive, novembre 2009

   Le Cantique des Cantiques, brûlant chant d’amour charnel ou sublime quête spirituelle ? Ou les deux ? Méïr Leibusch Malbim (1809-1879) rabbin des pays de l’est au parcours mouvementé, fort combattu en son temps, étudiant de génie, maître du renouveau du Pchat – l’interprétation littérale du texte et son premier sens – fut également attiré par la logique, la métaphysique, Kant, et les sciences naturelles. Il subit l’influence des grands Pachatan dont Don Isaac Abrabanel et chercha à prouver le Drach par le Pchat. Son introduction au Cantique des Cantiques s’articule sur les deux dispositions fondamentales de l’être humain : Beit-Aven « la maison de l’affliction » c’est-à-dire la vie corporelle et ses pulsions et Beit-El « la maison de Dieu » avec ses aspirations spirituelles, et leurs manifestations dans la vie de Salomon. Le « projet spirituel » original de Malbim va insister sur « l’antagonisme » entre son âme de nature divine et son corps soumis à ses désirs.
   Suit un bref résumé des cinq cantiques et leur parallèle avec les visions prophétiques du roi. Chaque cantique est analysé, verset après verset dans l’optique du Pchat du Malbim, avec sa parabole et son symbole. La « belle d’entre les femmes » dans cette étude est l’âme de Salomon – d’où le titre de l’ouvrage - et le Bien-aimé dont elle se languit est le Créateur qu’elle cherche à rejoindre en quittant le palais royal et ses murs que sont le corps du roi, mais les « filles de Jérusalem » – les « forces matérielles » – qui montent la garde pour permettre à Salomon d’assouvir son désir de jouissance veillent à la lui ramener.
   Étude passionnée, passionnante que la spécificité de ce commentaire.