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  Cent sept haiku

  Shiki

  Traduit du japonais par Joan Titus-Carmel
Édition bilingue

  120 pages
14,50 €
ISBN : 2-86432-360-5

Résumé

     Considéré comme « le père du haiku moderne », Masaoka Shiki (1867-1902) – à qui l’on doit l’adoption définitive du terme – fut le grand défenseur de cette forme majeure de la poésie japonaise qu’il s’attacha à transmettre en fondant une école et une revue littéraire.
     En dépit de la brièveté de sa vie, son œuvre figure parmi celles des derniers maîtres de la grande tradition.



Extrait

     akaki mi
     hitotsu koborenu
     shimo no niwa

     Une baie rouge
     solitaire est tombée
     jardin de givre



Extraits de presse

     La Marseillaise, 12 février 2003
     Dans le bruit du vent
     par Claudine Galea

     Avec la traduction de cent sept haiku de Masaoka Shiki, les éditions Verdier poursuivent leur travail de découverte de cet art japonais fascinant.

     « Les champs au printemps / dans quel but les gens qui vont / les gens qui reviennent ? »
     Les mots sont posés là, comme les choses, comme l’arbre dans le jardin, la lampe sur la table, le laboureur dans son champ. L’ordre du monde est cependant troublé par le désordre des esprits, et il semble que la poésie soit là pour retrouver le sens perdu, et la jouissance de ce qui dans l’innocence de la naissance nous est donné.
     Gaspilleurs de vie, les hommes rechignent à la simplicité. La poésie de haiku rend pourtant cette simplicité ardente et absolue.
     Dans l’excellente traduction de Joan Titus-Carmel qui a déjà traduit trois volumes de haiku aux éditions Verdier, ceux de Shiki, considéré comme le père du haiku moderne, sont merveilleusement disposés sur la page. À gauche le japonais, en haut la transcription phonétique, en bas la traduction française. Au centre, le vide de la page ivoire légèrement tramée, invitant à la méditation et au silence.
     « la lampe s’éteint / traversant le basho / le bruit du vent »
     Entre l’observation et la description, une philosophie de l’existence se glisse, une proposition d’être : « Un banc de truites / est passé devant mes yeux – / la couleur de l’eau ! »
     Shiki est sans doute un homme malade, affaibli quand il compose ces cent sept haiku. La mort affleure au détour de ses phrases, mort qu’il redoute mais qu’il essaie d’apprivoiser en la faisant apparaître au cœur des éléments. « Étant très malade / les fleurs du cerisier – / j’y pense beaucoup ».
     Le temps qui fait tomber les fleurs de cerisier et mourir les cigales en automne, est omniprésent dans la culture et la pensée asiatiques. Ce passage du temps qu’on ne veut pas accepter en Occident et qu’on combat en croyant l’annihiler ou du moins l’oublier, est au contraire célébré en Orient. Vivre est un rituel quotidien, et les haiku comme l’art des jardins ou de la calligraphie sont des interventions de l’homme dans le cours de l’existence. Une façon de se glisser dans le mouvement perpétuel, et d’y laisser sa trace sans altérer l’équilibre et l’harmonie du monde.