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  Chemins de Michon

  Jean-Pierre Richard

  96 pages
7,80 €
ISBN : 978-2-86432-539-0

Résumé

« À quoi cela sert-il, finalement d’être un écrivain, ou même un simple lecteur, un praticien ou un accompagnateur d’écriture ? » À cette question répondent, chez Pierre Michon, d’autres questions : « Qu’est-ce qui transforme une existence en une “vie” ? », ou encore : « Pourquoi se met-on à écrire, à peindre ? ». Guidé par ces interrogations, Jean-Pierre Richard chemine à travers des œuvres qui, des Vies minuscules à Maîtres et serviteurs, de Rimbaud le fils à Vie de Joseph Roulin, sont toujours hantées par leur propre origine.
Au fil de plusieurs études, chacune liée à un livre ou à un personnage de Michon, le critique trouve des indices sur ce qui fait le monde et ce que peut y faire l’artiste, ou simplement l’homme.
La recherche est méticuleuse, elle explore la matière même des textes : les mots et les choses s’y entremêlent pour nous laisser apercevoir, au travers des personnages et de leur inscription dans un paysage, dans un style, ce qui déclenche chez l’écrivain lui-même la vocation de l’écriture.


Revue de presse

Presse écrite (extraits)

   Acta, mardi 23 décembre 2008
   Céline Michon Richard
   par Florian Pennanech



   La Liberté, samedi 5 juillet 2008
   Un essai sur Pierre Michon
   par Alain Favarger

   Fils d’instituteurs né dans la Creuse en 1945, Pierre Michon est un écrivain rare, qui publie peu, en général des livres brefs, à la langue épurée et ciselée. Cet auteur du silence, convaincu que la littérature a besoin de patience et de secret, fascine depuis la parution de son premier livre, Vies minuscules (Gallimard, 1984), une petite cohorte d’admirateurs et d’inconditionnels. Parmi lesquels le critique littéraire Jean‑Pierre Richard, auteur en 1954 du fameux Littérature et sensation (Ed. du Seuil). Dans un petit essai stimulant, il s’attache à décortiquer l’univers et les obsessions de Pierre Michon, en particulier l’imprégnation de ce dernier par Rimbaud (on aurait pu ajouter Haubert, Melville ou Faulkner) et par les œuvres de Goya et Van Gogh. Chez le maître espagnol, c’est la recherche d’une forme d’équilibre qui attire, dans l’exaltation d’une culture de la sensation, proche des jouissances simples, ce goût de l’instant qu’apportent la douceur de l’air, les oiseaux d’une tonnelle, le soleil dans les verres, les causeries infinies ou les œillades des majas.
   Désir de sensualité contrastant avec les visions cauchemardesques hantant par ailleurs ce peintre de la noirceur et de la chute. Cependant que dans les toiles de Van Gogh, Michon traque les motifs du vent et de la colère, des cyprès tordus aux champs de blé soulevés et cardés par le mistral, ce perturbateur finissant par gouverner l’acte créateur. Une belle métaphore du maelström artistique.



   Pages des libraires, avril-mai 2008
   Filiations
   Par Aurélien Montryan

   […] Sur Pierre Michon, on lira avec profit et plaisir le bref livre que lui consacre Jean‑Pierre Richard. Dans ce recueil de cinq études, Richard, fidèle à sa méthode critique « thématique », qui interroge les rapports entre une écriture et le monde sensible, traverse l’œuvre de l’auteur de Vies minuscules en s’arrêtant, précisément, sur quelques-unes des « vies » d’anonymes ou d’artistes (Rimbaud, Goya, Van Gogh), qui fournissent à Michon sa matière textuelle. Entre les « destinées minimales » et les destins exemplaires, Michon révèle, selon Richard, une sorte d’égalité, une équivalence existentielle : une difficulté à vivre, voire un échec fondamental. Toutes ces vies, surtout, sont des méditations et des médiations, qui permettent à l’auteur d’écrire, plutôt que son autobiographie, son « autolégende », et de faire courir, « de page en page, comme le signe d’une surprenante moisson d’être, ou de devenir. »