Il pense dense Jean-Claude Milner. Lorsqu’il sculpte des évidences son marteau de philosophe ne donne pas dans la lapalissade [...] Il dit [...] que l’union de la pensée et de la rébellion a été brisée alors qu’elles étaient consubstantielles et que l’Occident s’en trouve changé. Il pense bref, ce professeur de linguistique qui nous sert ici cette lave brûlante où étincelle une terrible sémantique.
André Masse-Stamberger, Le Quotidien de Paris, 27 mai 1992.
En analysant les termes dans lesquels la révolution a été pensée par le « monde » marxiste, Jean-Claude Milner produit de facto un « néo-marxisme » qui se rend de nouveau lisible aux lendemains de l’URSS.
Marc Ragon, Libération, 28 mai 1992.
Nostalgique, magnifique, livre-culte déjà, pour les derniers (et premiers) carrés de l’extrême-gauche, du Québec à Jussieu. Milner réfléchit sur l’effondrement du monde communiste. Pour lui, c’est un vrai effondrement, un vrai événement, pas seulement l’épilogue dérisoire d’une longue histoire dégénérative : quelque chose a eu lieu. Ce quelque chose est la disparition d’une conjonction singulière, rare, peut-être unique, la conjonction de la rébellion et de la pensée, la fin, autrement dit, de la Révolution. Elle permettait, cette conjonction, de vivre en immortel, de toucher le plus haut point jamais atteint par l’homme... La « conjonction » s’est dissoute, la Révolution a disparu, son nom déclenche l’hilarité des adorateurs du fait accompli, des ennemis de la rébellion et de la pensée. Les temps sont de médiocrité, de bassesse...
Robert Bonnaud, La Quinzaine littéraire, octobre 1993. |