Il faut lire Contre la télé car, devant l’impossibilité de la télévision de se regarder avec lucidité – les émissions critiques n’ont pas fait long feu – restent ces quelques oasis que sont l’édition, la presse écrite ou la radio pour analyser le flux télévisuel qui nous traverse l’esprit. Le traitement est rude mais salutaire. Michel Doussot, Téléscope, 13 juin 1998.
Marcelle, s’il s’en est pris – parfois violemment – aux vedettes du prime time (Dumas, PPDA, Pernault, Pradel...), ne l’a jamais fait au nom d’une supposée haine viscérale de la télévision. Plus que la télé en soi, qu’il sait respecter lorsque, dans un hors-temps que nul annonceur ne trouble (après 23 heures), elle propose des émissions dignes, c’est la télé, comme reflet naturel de l’idéologie dominante qu’il accable de ses brillants soliloques. Il souligne l’illusion de la libre parole à la télé, stigmatise le moralisme des gens de télévision, petits directeurs de conscience servant les valeurs établies du capitalisme triomphant [...]. Marcelle [dénonce] le journalisme de connivence, les flagorneries et autres échanges de faveurs entre les quelques présentateurs, romanciers, éditeurs, les courtoisies croisées. À la télé, redoutable machine à propagande de la pensée dominante, on se parle de puissance à puissance. C’est au nom de ce constat tout simplement lucide que la télé s’est décrédibilisée aux yeux de Marcelle, pousser à entrer en résistance contre tous les gardiens du temple cathodique qui osent sans vergogne s’offusquer qu’on puisse ainsi dénoncer leurs mœurs à rebours de toute morale... De notre côté, on saura longtemps gré à Pierre Marcelle de ses mises en garde hargneuses, talentueuses et visionnaires, encore naïvement éblouis que l’on est parfois devant les mirages du spectacle télévisé. Jean-Marie Durand, Les Inrockuptibles, 13 mai 1998.
Plutôt qu’une compilation de ses articles, une réflexion à tête reposée, où le soulagement d’en être revenu affleure à chaque page. Mordant et précieux. Le Nouvel Observateur, 7 mai 1998
Chroniqueur télé (quel drôle de métier) pendant deux ans, chroniqueur littéraire depuis six mois, Pierre Marcelle se cherche des logiques (« un ami m’a dit : “Tes deux ans de chronique télé, c’était simplement ta préparation à la chronique livre”. C’est vrai, je suis passé du plus vulgaire au plus distingué ») et vit la vie en assiégé. Un appartement-terrasse qui surplombe Paris depuis Belleville, auquel on accède après maints couloirs et escaliers, une silhouette de mercenaire, une réputation effrayante (secrétaire de rédaction jusqu’il y a dix ans à l’Agence centrale de presse, il terrorisait les journalistes lents et surtout les approximatifs), un téléphone dont il fait jurer aux importuns d’oublier le numéro... Physique de lutteur, mais qui évoque la littérature avec des pétales de rose dans la bouche. Jérôme Lindon, Denis Bénévent de la librairie L’Arbre à lettres, voilà des noms qui lui font chaud au cœur. Il y a une logique à cela, la plus simple de toutes : il est aussi écrivain. Pierre-Louis Rozynès, Livres hebdo, 24 avril 1998 |