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  De l’école

  Jean-Claude Milner

  Essai

  192 pages
9,50 €
ISBN 978-2-86432-594-9

Résumé

« Sait-on que l’école en France assure une fonction décisive ? Par elle, la démocratie formelle a pu s’établir dans ce pays où, pourtant, le protestantisme n’avait pas triomphé. Exemple longtemps unique et paradoxe historique dont, encore aujourd’hui, on n’a pas épuisé les effets. Affaiblir l’école, calomnier les savoirs, c’est déséquilibrer une machine délicate, aussi délicate à vrai dire que peut l’être toute liberté individuelle. Voilà pourtant ce à quoi se dévoue, avec un acharnement inlassable et un aveuglement opiniâtre, une alliance secrète et imbécile. »
Ainsi m’exprimais-je en 1984, en présentant le livre qui reparaît aujourd’hui.
Un quart de siècle a passé et pourtant, je n’ai rien modifié. C’était inutile. Après examen de ce qui a été dit et fait en matière d’école et de savoirs, j’ai conclu que je n’avais été démenti sur rien d’essentiel. Ou plutôt, j’avais été confirmé sur tout l’essentiel.


Revue de presse

Presse écrite

   Le Magazine littéraire, n°492, décembre 2009
   Un tableau noir de l’école
   par Alexis Lacroix

   Les variations du discours sur l’école sont un baromètre sûr des évolutions idéologiques de la société française. Le remplacement de la référence à l’instruction publique par le vocable d’éducation avait déjà marqué un tournant vers ce que Charles Péguy avait appelé la « dérépublicanisation » de la France. Dans De l’école, son essai de 1984 judicieusement réédité par Verdier, le philosophe et linguiste Jean-Claude Milner affirmait, au risque de braver le politiquement correct d’alors, que cette substitution lexicale, si anodine qu’elle parût, n’avait été qu’une étape dans l’abolition progressive de l’école, ou plus exactement de sa raison d’être. Car c’était la première novation révolutionnaire de ce livre : par-delà les polémiques enflammées de la « querelle scolaire » entre tenants du public et militants du privé, Milner a pressenti que l’insistance grandissante sur la réforme, devenue un « mot-mana » de notre époque, dissimulait, avec un luxe de précautions hypocrites, le vœu d’en finir avec la vocation émancipatrice de l’enceinte scolaire : la transmission des savoirs. Si certains de ses partis pris peuvent paraître datés ou discutables, les enjeux soulevés par cet essai vigoureux restent d’une frappante actualité.



   Témoignage chrétien, jeudi 22 octobre 2009
   L’école au scanner
   par L.C.

   Il y a 25 ans, Jean-Claude Milner, philosophe, publiait De l’école. Les éditions Verdier (endeuillées par le décès de leur cofondateur, Gérard Bobillier) le rééditent aujourd’hui en format poche. L’auteur précise en préface qu’il n’a pas changé un mot. Les analyses qu’il portait alors sur le sens des mots – éducation nationale, instruction publique, pédagogie… –, sur les freins réels à la bonne marche de l’école comme institution où se transmettent des savoirs – corporatistes, gestionnaires… –, sur le contexte de dépolitisation qui favorise fausses réformes et vrais reculs demeurent en effet d’une pertinence rare. Vous ne penserez plus l’école de la même façon après cette lecture. Brillant, corrosif, salutaire.