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  Le Dénouement

  Lionel Ruffel

  128 pages
12 €
ISBN : 2-86432-452-0

Résumé

   À l’origine de cet essai, l’observation de figures récurrentes dans une œuvre, celle d’Antoine Volodine. Ces figures, qui se confrontent à la fin tout en la refusant, une enquête les a repérées chez des auteurs contemporains qu’on imagine proches : Pierre Guyotat, Valère Novarina, Olivier Rolin mais aussi chez des auteurs en apparence plus éloignés : Jean Échenoz, Jean-Philippe Toussaint, Éric Chevillard ou encore Pascal Quignard.
   Cette récurrence n’est pas anodine. Qu’elles soient devant le gouffre, situées aux confins géographiques, ou face contre sol, les figures ainsi décrites ont toutes un point commun. Leur corps est une fin. Et la fin est cette idée. Mais cette représentation est plus complexe. Leur corps est une frontière entre un avant et un après. Il se développe une histoire, après la fin, qui la prolonge ou la renouvelle.
   Ce sont ces deux termes conjoints, fin et début, que le concept de « dénouement » tente de saisir. Articulé aux discours perceptibles juste après la double chute (du mur de Berlin, des statues de Moscou) chez des philosophes marqués par l’histoire et la pensée du marxisme, il pourrait contribuer à nommer les enjeux esthétiques et politiques d’une époque, la fin du vingtième siècle.


Revue de presse

Presse écrite

   L’Humanité, jeudi 12 janvier 2006
   Le fin mot de l’histoire
   par Alain Nicolas

   Le concept de dénouement permet-il d’écrire notre époque autrement que dans l’oubli d’une autre ? Éléments de réponse par Lionel Ruffel.

   Dénouement : on entend par là la scène avant le baisser de rideau. Dans notre histoire récente, celle du « court XXe siècle », comme le qualifiait Alain Badiou, nous en avons connu, des « fins ». Fin de l’histoire, fin du communisme, fin des idéologies, sans compter toutes les fins partielles, de l’art, de la littérature. Depuis le milieu des années quatre-vingt, et plus encore depuis ce que l’on désigne par « la chute du mur », le préfixe « post » se porte bien. Théoriciens et critiques en usent et en abusent. Chantres de l’effondrement, mais aussi philosophes du deuil, penseurs de l’après, écrivains du désastre.
   Le projet de Lionel Ruffel est précisément de montrer comment se déploie une pensée positive de la fin, du deuil perçu comme contrepartie d’un héritage, selon le mot de Derrida, et en quoi une certaine littérature peut être saisie comme y prenant, paradoxalement, son origine. Le concept théâtral de dénouement renvoie à la résolution d’une intrigue, à la clôture d’une action, mais aussi au déliement, à l’ouverture ; il relance vers un ailleurs. L’idéologie de la fin dans ses trois dimensions historique, esthétique et politique, il s’agira, pour Lionel Ruffel « d’en montrer l’inconséquence “par l’absurde”, en montrant la permanence massive, dans le renouvellement des idées, de la préoccupation historique, de la dimension politique, et plus généralement des grands thèmes de la modernité, transformés et actualisés ».
   L’œuvre d’Antoine Volodine fait ainsi apparaître la figure récurrente de l’homme au bord du gouffre, entre mort et renaissance, « réfléchissant à ce qui va suivre », Pierre Guyotat, Valère Novarina et Olivier Rolin exposent des motifs similaires. Lionel Ruffel montre la conjonction de ces « fins-non fins », de ces « morts non morts », avec le travail de deuil et de refondation de penseurs tels que Jacques Derrida, Alain Badiou, Jean-Luc Nancy, Jacques Rancière, Jean-Christophe Bailly ou Jean-Claude Milner. Étudiant à nouveaux frais la pertinence actuelle de théoriciens peu en faveur aujourd’hui, comme Lukacs ou Bakhtine, il étend son questionnement à d’autres approches de la littérature, celle, par exemple, de ce qu’on appela les « minimalistes » (Echenoz, Toussaint, Gailly, Redonnet, Chevillard, Oster) et que leur éditeur préféra dénommer les « impassibles ». Il permet de comprendre comment, sur des bases radicalement opposées, ils travaillent à leur manière le même territoire ouvert par la prétendue fin de la modernité. Ces questions demandent rigueur et hauteur de vue. Ruffel y répond dans un texte d’une grande clarté, sans concession ni esbroufe, et qui devrait avoir un écho durable.



   Libération, jeudi 3 novembre 2005

Animateur d’une des meilleures revues électroniques, Chaoïd, l’auteur, un jeune universitaire, s’interroge sur les mondes fictionnels contemporains qui gravitent autour d’une écriture de l’ultime. Centré sur l’œuvre emblématique d’Antoine Volodine, mais enveloppant aussi celles de Novarina, Guyotat, Rolin, l’ouvrage mêle littérature et philosophie pour dégager une esthétique qui, affectée par l’histoire et la philosophie, serait celle du « dénouement ».



   Article sur le site Fabula.

   Entretien avec Lionel Ruffel paru sur le site Vox Poetica.

Radio et télévision

« Du jour au lendemain », par Alain Veinstein, France Culure, vendredi 13 janvier 2006 à 0h
« Les Vendredis de la philosophie », par François Noudelman, France Culture, vendredi 13 janvier 2006 à 10h
« Les Mardis littéraires », par Pascale Casanova, France Culture, mardi 3 janvier 2006 à 10h