Accueil
Littérature française
  Collection jaune
L’Image
Chaoïd
Fondation empreinte

Littérature étrangère
  allemande
anglaise
espagnole
italienne
russe Slovo
russe Poustiaki
grecque
japonaise

Verdier poche

Philosophie

Hébreu

Islam

Sciences humaines

Art et architecture

Tauromachie

Cuisine

Revues


vidéos

nouveautés

agenda


Lettre d'information

Informations générales

Sites conseillés

banquet du livre



 
  Le droit à la philosophie du point de vue cosmopolitique

  Jacques Derrida

  64 pages
7,50 €
ISBN : 2-86432-278-1

Résumé

     Où la question du droit à la philosophie doit-elle avoir lieu ? Qu’est-ce qui détermine le droit à la philosophie en droit à la philosophie du point de vue cosmopolitique ? Partant de ces questions lors d’une conférence inédite faite à l’Unesco en 1991, Jacques Derrida passe par le détour de l’Idée d’une histoire d’un point de vue cosmopolitique de Kant, soit l’un des textes qui annoncent, c’est-à-dire prédisent, préfigurent et prescrivent, un certain nombre d’institutions internationales qui n’ont vu le jour qu’en ce siècle et, pour la plupart après la Seconde Guerre mondiale. Il montre aussi qu’en philosophie comme ailleurs, l’européocentrisme et l’anti-européocentrisme sont des symptômes de la culture missionnaire et coloniale. Un concept du cosmopolitisme qui serait déterminé par cette opposition, non seulement limiterait concrètement le développement du droit à la philosophie, mais ne prendrait pas en compte ce qui se passe et pourrait encore se passer sous le nom de philosophie, il nous faut réfléchir à ce que peuvent être les conditions concrètes du respect et de l’extension du droit à la philosophie.



Extrait de presse

     Choisir n° 35, juin 1998
     par N. Chouchan

     Dans ce livre très court, qui reproduit une conférence prononcée dans le cadre de l’Unesco, Jacques Derrida s’interroge sur la signification d’un devenir international de la philosophie et du « droit à la philosophie ». L’enquête est d’abord généalogique : de « quelle » philosophie nos institutions internationales sont-elles les héritières ? Elle se veut aussi critique : cette philosophie « peut-elle », et « doit-elle » encore être la nôtre ? Le propos s’organise autour d’une lecture de l’opuscule que Kant a consacré, en 1784, à l’« idée d’une histoire universelle au point de vue cosmopolitique ». On trouve dans ce texte nombre de concepts – à commencer par celui de Société des Nations – qui ont nourri les constructions juridiques et politiques ultérieures. On y voit aussi s’esquisser une interprétation très unilatérale de l’histoire humaine, selon laquelle l’Europe, terre-mère de la raison, aurait à assumer une mission de civilisation universelle : les successeurs de Kant (sont cités Hegel, Husserl, Valéry, Heidegger) la reconduiront souvent. Jacques Derrida montre qu’il ne suffit pas aujourd’hui de s’y opposer, d’en renverser ou d’en annuler les termes. On resterait alors pris dans la même problématique, que l’auteur se propose au contraire de transformer : « La philosophie a toujours été la concurrence entre plusieurs modèles, styles, traditions philosophiques liées à des histoires nationales et linguistiques. » Elle est en excès par rapport à l’unilatéralité des représentations progressistes et linéaires de son histoire. Et la prise en compte de cette pluralité permet de « déplacer » les anciennes hégémonies, et d’ouvrir ainsi à une véritable universalité. C’est cela aussi que Jacques Derrida aperçoit dans le texte kantien, dans l’exigence qui s’y élabore d’une pensée autonome par rapport aux langues et aux institutions dans lesquelles momentanément elle s’incarne...
     On regrettera le caractère très allusif du propos s’agissant de cette « démocratie à venir », qui échapperait aux modèles et aux limites (nationales ?) des démocraties existantes, mais aussi l’imprécision de la notion même de « droit à la philosophie ». Il reste que ce petit texte permet de donner forme à des interrogations que le lecteur pourra, ensuite, développer.