Avec L’Enterrement, François Bon parvient à une simplicité et à une pureté de trait, à un haut dépouillement, que seul peut engendrer un travail de tous les instants sur la musicalité et le sens dans la langue. Venant après cinq romans et un gros essai sur Rabelais, ce court récit pourrait bien marquer un premier aboutissement, dix ans après la première parution, Sortie d’usine, aux éditions de Minuit. Le feu de la langue et une scansion singulière, comme venue d’un rythme primitif du corps, y accèdent en effet à toute leur plénitude. La composition y marie un entrelacs, savant et superbe, de lignes mélodiques. Bref, jamais François Bon ne s’était approché aussi près, avec une telle maîtrise de ses moyens, de ce qui s’identifie à un véritable requiem écrit. (...) Le texte se construit et avance en une succession de lentes révolutions sur lui-même, délivrant à chaque fois un peu plus de sens, se chargeant de notations et d’images qui, tels les instruments de l’orchestre, maintiennent la continuité tonale de l’ensemble.
Jean-Claude Lebrun, Révolution, n° 662, 31 janvier 1992.
L’écriture très originale du romancier-poète François Bon sonde les moindres frémissements d’émotions, et enregistre le tout-venant de la vie qui s’active.
L’Événement du Jeudi, 2 avril 1992.
(...) Un court chef-d’œuvre où François Bon, prenant comme prétexte les funérailles d’un ami, Alain, rentre chez lui. D’une prose savante, qui mêle les tournures du lieu, une « parlerie savoureuse », à de longues phrases méditatives, il fait le tour d’une douleur dont personne ne dira mot. (...) Simenon aurait aimé ce livre laconique et reconnu la tristesse pesante qui imprègne son Rapport au gendarme ou Le Riche Homme.
Raphaël Sorin, L’Express, 6 février 1992. |