Avec la complicité de traduction de Jean-Pierre Pisetta, Olivo amuse le lecteur par le ridicule de sa mégalomanie égocentrique mais, l’air de rien, il ne perd pas le nord, et place, avant même sa rencontre avec Ernestina (sa femme), les éléments dont les experts useront pour le faire acquitter.
Jean-Baptiste Harang, Libération, 21 janvier 1993
Le style croquignolet, le lyrisme suranné – il émaille son texte, avec plus ou moins de bonheur, de citations empruntées à Dante, Alessandro Manzoni, Pétrarque... – prêtent à sourire et donnent à ce sordide fait divers des allures de tragicomédie, ancrée dans une Italie tapageuse et fantasque. La postface vient à point pour démonter la perverse mécanique d’Olivo, évoquer la passion que son crime souleva à l’époque, les polémiques entre experts-psychiatres. En somme, les coulisses de ce drame plus baroque qu’édifiant, entre polar sanglant et vaudeville débridé.
Nathalie Crom, La Croix, 28 mars 1993
À l’intérêt médico-juridique de ce témoignage, centré sur le « syndrome matrimonial » (on pense à Althusser) et sur les conséquences de l’épilepsie (on pense à Raskolnikov) s’ajoute un intérêt historique : celui de l’importance qu’ont pu avoir au début du siècle les théories, aujourd’hui contestées, de Lombroso. Car c’est sur elles que reposent et l’acquittement pénal et, en partie, l’acquittement intime que s’octroie le coupable. Preuve que le sens de la justice, et la conscience elle-même sont, quoiqu’on veuille, tributaires de leur temps.
Monique Baccelli, La Quinzaine littéraire, 1er-15 mai 1993 |