Accueil
Littérature française
  Collection jaune
L’Image
Chaoïd
Fondation empreinte

Littérature étrangère
  allemande
anglaise
espagnole
italienne
russe Slovo
russe Poustiaki
grecque
japonaise

Verdier poche

Philosophie

Hébreu

Islam

Sciences humaines

Art et architecture

Tauromachie

Cuisine

Revues


vidéos

nouveautés

agenda


Lettre d'information

Informations générales

Sites conseillés

banquet du livre



 
  Le Jasmin des fidèles d’amour

  Rûzbehân Shîrâzî

  Texte établi et présenté par Christian Jambet
Traduit du persan par Henry Corbin

  280 pages
19 €
ISBN : 2-86432-132-7

Résumé

« Tantôt elle est dans les pleurs, tantôt elle est dans les rires ; tantôt ardente de feu, tantôt vibrante de musique ; tantôt la substance même de l’argile humaine est consumée par le feu de l’amour, et tantôt le luth de prééternité accompagne la psalmodie. Tantôt dans l’ivresse mentale, tantôt dans la lucidité, tantôt abolie à soi-même. Tantôt dans l’angoisse, tantôt dans l’exultation ; tantôt dans la crainte, tantôt dans l’espoir ; tantôt dans la séparation, tantôt dans la réunion. Pas d’étape où faire halte, quand elle est séparée ; pas même de séjour à demeure, lors de la réunion. Voilà ce qui est exigé d’un Fidèle d’amour que Dieu mène en ce monde par les degrés de l’amour humain à l’ascension de l’amour divin ; parce que dans le jardin de l’amour, il ne s’agit que d’un seul et même amour, et parce ce que c’est dans le livre de l’amour humain qu’il faut apprendre à lire la règle de l’amour divin. » Ainsi parlait Rûzbehân, le grand mystique de Shîraz, de son exceptionnelle expérience, proche du destin de Hallâj et de la vision de Dante, dans une prose lyrique d’une suprême beauté.



Extrait de presse

     Communauté des religions, mars 1992,
     par Jean Borella,

     La collection « Islam spirituel » publiée aux Éditions Verdier sous le logo coranique nûr’ala nûr vient de s’enrichir d’un nouveau livre, la traduction du traité de soufisme de Rûzbehân : Kitâb-e Abhar al-’âshiqîn, Le Jasmin des fidèles d’Amour, par H. Corbin, restée inédite depuis la parution en 1958 du vol. 8 de la « Bibliothèque iranienne » donnant avec le texte persan la version française du seul chapitre premier. Entre-temps, H. Corbin avait publié son Islam iranien dont le tome III contient précisément une longue présentation de Rûzbehân avec de copieuses citations de ses écrits : le Journal spirituel (Kashf al-asrâr) et naturellement le Jasmin. C’est à partir de cet apport documentaire que nous avions pu nous référer à Rûzbehân dans notre Miroir de la Shahâda (p. 68-72).
     Depuis la disparition d’H. Corbin, bien des textes inédits ou dispersés dans des revues ont été publiés et c’est ainsi que dans la même collection a paru la traduction du magnum opus de Sohravardî : Le Livre de la Sagesse orientale (1986). La publication de cette traduction avait déjà posé bien des problèmes sur lesquels Christian Jambet s’expliquait dans l’Introduction. Pour le Jasmin des difficultés analogues conduisaient soit à reprendre la partie plutôt paraphrasée que traduite au risque d’aboutir à un texte hybride, soit de publier tel que le manuscrit laissé par H. Corbin. C’est ce dernier parti qui a été retenu ; la rigueur scientifique de la traduction a été sacrifiée à la qualité et à l’homogénéité littéraire du texte. On pourra contester un tel choix mais il est cohérent avec l’option de Corbin rendant par l’équivalent occidental « Fidèle d’Amour » le mot arabe ’âshiq (amoureux) pour suggérer les correspondances et jeter des ponts comparatistes entre les spiritualités d’Orient et d’Occident. Un orientaliste étroit désapprouvera sans doute une telle façon de faire mais H. Corbin avait depuis longtemps pris son parti de cette sorte de critique.
     Rûzbehân Baqli Shirazi(1128-1209) est, dans le soufisme iranien du XIIe siècle, la personnalité méridionale qui fait pendant à Sohravardî (1155-1191), son contemporain septentrional, et dans la conférence qui sert de Prologue à la traduction, H. Corbin n’a pas manqué d’évoquer, en un raccourci, le rayonnement de la civilisation romane qui, à la même époque en Occident illuminait de sa spiritualité le monde chrétien.
     Quiconque s’intéresse au soufisme et à cet Âge d’Or multiforme que représente le XIIe siècle, appréciera ce nouveau livre publié avec le même soin que les précédents.