Plutôt qu’une sage biographie, un livre trop linéaire pour un
personnage hors du commun, l’ouvrage que nous avons souhaité présenter
au public français situe la vie et l’œuvre immense de Giulio Carlo
Argan à travers son énergie intellectuelle, l’originalité de ses thèses
sur l’art, l’importance de la politique et de l’action militante jamais
absentes, enfin le raffinement littéraire de ses écrits.
Giulio Carlo Argan a connu tous les historiens de l’art : de
Venturi père à Erwin Panofsky, en passant par
Rudolf Wittkower, Roberti
Longhi, la plupart des peintres dont Picasso, tous les architectes
(Walter Gropius,
Le Corbusier,
Frank Lloyd Wright), et de nombreux
écrivains et philosophes (Jean-Paul Sartre, Georg Lukács). Il nous
parle de tous ces personnages rencontrés au cours de sa vie dans l’une
des dernières interviews accordées, ici intégralement reproduite.
La traduction d’une thèse italienne permet de mieux apprécier l’origine
des intérêts philosophiques et des grandes lignes directrices de la
pensée de Giulio Carlo Argan au cours de soixante années d’activité.
Une bibliographie complète, soit plus de 1000 références, montre
l’ampleur de la réflexion de l’historien et critique d’art. De son
premier article datant de 1930 sur Palladio aux derniers articles qu’il
put rédiger, G. C. Argan n’a eu de cesse de réfléchir sur le
mouvement générale de l’art dans toutes ses composantes (peinture,
sculpture, architecture, design, média…), d’interroger la réalité
présente, et surtout de participer activement aux batailles de son
temps.
Et comme un ultime combat, de 1976 à 1979, il fut le maire de Rome…