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  Le Jour et l’Heure

  Gil Jouanard

  Proses

  160 pages
13,60 €
ISBN : 2-86432-296-X

Résumé

     Cette expression de carnet de bord, qui définit au plus juste la nature des écrits par lesquels je m’efforce de mieux respirer le temps qui passe, désigne bien en effet la position de « tout moi » à l’instant où j’écris : à ces heures de pointe de mon existence, je me tiens juste au bord, sur le tranchant de moi-même. Car c’est là, sur le fil de son avancée ultime, que l’attention trouve la meilleure occurrence pour prendre son vol.
     Ainsi mon carnet de bord ne s’étend-il à perte de vue dans mon dos et sous mes pieds que pour, brusquement, faire face au « gain de vue », au grand ouvert, qui peut être suffocant ou éblouissant.
     Je me tiens à la latitude et à la longitude de son à-pic, surplombant ce trop-plein qu’aussi bien on appelle le vide.
     Et alors, je laisse venir ce qui vient. Ne prenant pas plus au sérieux l’écriture que je ne saurais la négliger.
     Le combustible auquel je me réchauffe et me reconstitue, ce sont les mots qui s’articulent sans bruit dans la chambre d’échos qui s’ouvre à moi juste au bord du carnet.



Extraits de presse

     Le Jour et l’Heure, « carnet de bord » des allées et venues de Gil Jouanard, relève d’une minutie clinique. Dans la lignée des Papiers collés de Georges Perros, il fait aussi écho à L’Heure de la sensation vraie de Peter Handke. [...] Apôtre de la nuance, Jouanard passe au scanner tout ce qui lui est périphérique. La grâce contre la pesanteur. « L’art du peu » rend net ce qui est devenu flou à force d’ôter leur sens aux mots. Il est bon que ce siècle de conflagrations laisse entendre une littérature chuchotée.
     Bernard Morlino, Lire, octobre 1998.

 

     Descriptions et réflexions s’entremêlent, on sent l’auteur agacé ou goguenard quelquefois, drapé dans sa certitude que l’homme va « du rien absolu au néant parfait » ; un brin de désabusement, une trop brusque radicalité nous porteraient à penser qu’il s’exténue en « désesperrance » (quête de l’« origine », de l’« épanouissement d’une clarté sans illusions ») s’il n’était sincère.
     Le mot voyage est à lui seul une grande valise pleine de sens, le mot sens est à lui seul une autre valise aux significations multiples, et c’est ainsi que les poètes pérégrinent, à pied, en train, en avion, démultiplient leurs impressions par le moyen de l’écriture. Gil Jouanard s’interroge, s’explique sur ce va-et-vient du réel (le vécu, l’expérience) à la virtualité du texte qui devient à son tour de la réalité tangible. Á l’éphémère sensation, les mots confèrent une autre réalité, plus durable, celle-là même qui peut nous ramener au présent et au plaisir prolongé de ce présent.
     Josiane Bataillard, Le Quotidien jurassien, 19 septembre 1998.

 

     C’est de la simplicité et de la densité du regard porté sur les êtres et les choses que dépend ici la qualité des sensations, des impressions et des intuitions couchées sur le papier. Un regard ne répugnant jamais quand il se porte sur les êtres à utiliser l’ironie, rarement féroce, s’attachant surtout aux « signes » toujours mouvants, approchant par des chemins obliques – en n’hésitant pas à se perdre dans le détail – une réalité par nature fragmentée et venant donc opportunément nous rappeler la méfiance que doivent inspirer les incessantes et soi-disant exhaustives explications d’un « réel », pourtant de plus en plus désincarné et difficile à circonscrire, dont nous sommes sans cesse bombardés. En littérature, comme partout ailleurs.
     Frédéric Joly, La Marseillaise, 29 août 1998.



Radio et télévision

     Un livre, des voix, par Claude Mourthé, France-Culture, 9 novembre 1998.
     Du jour au lendemain, par A. Veinstein, France-Culture, 16 septembre 1998.