On ne parlera pas ici de bons sentiments, la bonne littérature suffit. Et si n’étaient déjà ce dialogue incisif qui se noue dès l’abord entre les âmes, Dario, Adriana et nous, cette intelligence du regard, il y aurait pour le moins l’éclat d’un style qui sait s’y prendre pour surprendre.
G. Bergé, La Cité, Bruxelles, 5 septembre 1991
Il ne suffit pas de restaurer un couvent en ruine pour lui redonner sens, il faut aussi, à certains moments, repenser la Règle et inventer un nouveau chemin. Ainsi s’élabore ce Journal à deux dont les voix, d’abord discordantes, semblent se rejoindre au fil des pages. Cela nous vaut un superbe récit à deux voix, où la rencontre de l’Autre fait ressurgir la question de l’identité, nouée dans l’enfance et dénouée ici dans l’anéantissement et la mort.
Alberte Spinette, La Libre Belgique, 7 novembre 1991
Pas plus que Bonaviri ou Dessì, Paolo Barbaro n’est un romancier traditionnel. Narrateur minutieux et lent, il n’hésite pas à sacrifier l’action au climat, les situations aux sinuosités psychologiques. Son style dépouillé, limpide, sa démarche rationnelle, tranchent sur ses contemporains, et l’on comprend qu’il trouve naturellement sa place chez un éditeur particulièrement attentif à la sensibilité poétique des écrivains italiens.
René de Ceccatty, Le Monde, 20 décembre 1991 |