[...] Un beau roman sur la mort d’une mère, l’histoire d’un enfant qui assiste à l’agonie. On lui cache tout, et il sait tout. Parce qu’il croit en un Dieu méchant qui exigerait des sacrifices, il donne ses jouets aux pauvres, puis, un jour, s’en va noyer son chat, l’animal préféré, tel un petit Abraham dont l’Éternel n’aurait par retenu le bras. Rien n’y fait : Dieu se détourne. Voici le fils devant le cadavre de sa mère. Jérôme d’Astier cherche une belle écriture tantôt timide, tantôt extravertie. On devine qu’il a travaillé, à la plume, jusqu’au moment où la phrase rend la douleur et le sentiment dans un naturel parfait. Cela s’appelle le talent. [...] Merci à Jérôme d’Astier de nous avoir dit à son tour que « la vie humaine commence de l’autre côté du désespoir ».
Michel-Antoine Burnier, L’Express, 8 juin 1995.
C’est une histoire d’amour traitée en demi-teinte, où les sentiments les plus violents, les plus absolus, et ils peuvent l’être avec autant de force chez un enfant que chez un adulte, avec leur part de désir, sont évoqués dans une langue maîtrisée, sans trace de complaisance. C’est très émouvant, et l’auteur dont c’est le premier texte publié, révèle un talent et une sensibilité exceptionnels.
Notes bibliographiques, août-septembre 1995.
Un texte entre ombre et clarté, d’une écriture lumineuse, d’une constante poésie...
Maurice Chavardès, Témoignage chrétien, 16 juin 1995.
Un premier petit livre lisse et tendu comme la peau d’un tambour que la moindre caresse, le simple feulement du regard lisant, fait vibrer d’émotion et pénètre le cœur.
Jean-Baptiste Harang, Libération, 25 mai 1995.
Il faudrait chercher longtemps, et avec une certaine mauvaise foi, pour trouver un défaut au premier roman de Jérôme d’Astier. On pourrait avancer les phrases qui ouvrent le livre, accolées les unes aux autres, comme posées précautionneusement au bord de la page. Des phrases propres, rangées. De la belle ouvrage pour dire un drame : la longue agonie d’une mère. Ces phrases, si précises, si légères presque, mesurent la distance rendue nécessaire pour permettre le récit. Jérôme d’Astier a dû les polir, en écarter plus d’une, les accorder comme on ferait d’un vieux piano fragile. Un travail d’orfèvre qui fait oublier la douleur. [...] Les Jours perdus n’est pas seulement un roman bien écrit, c’est aussi un livre salvateur, régénérateur. Il dit en silence ce que tout autre chose qu’un texte littéraire dirait avec mièvrerie et préciosité.
Thierry Guichard, Le Matricule des anges, 15 juin 1995.
Un beau récit, pudique, sensible, qui montre que toute entrée de la vie est une forme de deuil.
Louise L. Lambrichs, La Croix, 14 mai 1995. |