Tout, dans la prose de Loria, semble avoir été vidé de ce mauvais air qui embrume et corrode l’ordinaire romanesque : on ne parlera donc pas ici d’ambiance, ce mauvais substitut, mais bien d’un monde en soi, pur et net comme le sont les rêves ou le coin d’une ruelle à la tombée du jour.
Michel Crépu, La Croix, 7 avril 1990
Prêtres défroqués, prostituées, mendiants, gitans, voleurs, acteurs minables et sublimes, danseuses vieillies, minées par l’alcool et le souvenir de la rampe, mouchards et policiers étourdis constituent cette humanité diverse qui peuple des pages d’une beauté limpide.
Jean-Baptiste Marongiu, Libération, 29 mars 1990
Picaresque réaliste, on remarque aussi que le fantastique rôde chez lui en coulisse et leste ses récits d’angoisse. Des brigands, des vagabonds, des déclassés hantent ses pages, personnages dignes d’une gravure de Callot ou d’une œuvre de Goya. D’une sensualité frémissante mais amère, son écriture lui permet de révéler en peu de mots le visage de la douleur humaine.
Jean-Baptiste Para, Lire, mai 1990
Loria, en tout cas ce Loria-là, celui des débuts, est aux antipodes de l’enracinement ; ce qu’il nous suggère est tout autre, c’est une vision du monde intemporelle et décharnée. Une vision sombre et troublante.
Alain Sarrabayrouse, La Quinzaine littéraire, 1er-15 juillet 1990 |