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La Miniature persane Les couleurs de la lumière : le miroir et le jardin |


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Nouvelle édition revue et augmentée |

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96 pages
6,80 €
ISBN : 978-2-86432-570-3 |
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La beauté éblouissante de la miniature persane, la splendeur de son
monde merveilleux de terre des songes est celle de la couleur pure.
C’est la liberté, la finesse, la délicatesse et la multiplicité de ses
couleurs qui la distinguent des peintures classiques de la Chine et de
l’Occident. Vision paradisiaque, miroir et jardin, la miniature
persane réalise l’union du principe abstrait de l’ornement islamique
avec cette croyance théosophique de l’ancienne Perse : « C’est grâce à
Sa lumière que le monde s’est vêtu d’une parure de joie. » |

La beauté magique, éblouissante, la splendeur de la miniature persane est celle de la couleur pure. La luminosité des couleurs du visible, leur absolue liberté, leurs finesses et sensibilités délicates, la multiplicité, l’infinité des nuances et leurs harmonies subtiles distinguent les plus belles miniatures persanes des chefs-d’œuvre de la peinture chinoise et occidentale. Dans la peinture classique de l’Occident, la rédemption de la matière et du monde des phénomènes s’accomplit par leur accession à la forme, à l’idée ; en Chine, avec la relation du plein au vide ; dans la miniature persane, par la transsubstantiation alchimique de la matière en couleurs de lumière. La poudre d’or, d’argent, de lapis-lazuli, d’émeraude et d’autres pierres précieuses subliment la matérialité pour qu’elle ne soit plus que réflexion de la lumière. Les choses dépouillées de leurs scories, de leur part obscure, du poids, du volume et de l’ombre apparaissent comme dans un miroir magique, qui ne réfléchit pas, à sa ressemblance, ce qui est devant lui, mais l’éclaire par une autre lumière et le porte dans un autre lieu, pour le métamorphoser en image d’ailleurs. Le somptueux caractérise cette apparition et le merveilleux en est l’effet et la tonalité. Cependant l’inouï n’est absolument pas au niveau des choses : il y a, certes, le dragon, l’oiseau Symorgh, les anges et les dives de l’ancienne mythologie des Perses, mais c’est tout ce qui entre dans le miroir magique de la miniature persane qui s’y métamorphose en pure couleur : aussi bien le jardin, le palais, la romance, la fête, la chasse, la guerre des rois, que le trivial d’un bain, d’une construction ou d’un marchand de pastèques. Tout accède à la même splendeur merveilleuse, en apparaissant comme dans le lointain suspendu d’un monde de songe et de conte. Il n’existe aucun drame ; s’il y a parfois la violence et la mort, aucune émotion ou signification, mais un sentiment céleste de détachement, de paix, d’éternité. La beauté de ce jardin paradisiaque n’est pas la manifestation de l’essence des choses, mais leur reflet dans une lumière qui a sa source ailleurs : « C’est grâce à Sa lumière que l’univers s’est vêtu d’une parure de joie » (gâthâ, VIIIe av. J.-C.).
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Art absolument, n°29, mai-juin 2009 par Tom Laurent
Cette réédition revue et augmentée donne la parole à Youssef Ishaghpour, universitaire d’origine iranienne vivant à Paris, connu notamment pour ses écrits sur le cinéma. Il s’attache dans cet essai à révéler la spécificité des miniatures persanes, dont la grandeur égale celle des chefs d’œuvre de la peinture classique occidentale et asiatique tout en s’en différenciant radicalement. Car si le principe d’accession au monde spirituel à partir de celui des phénomènes apparaît comme une donnée de ces trois cultures, c’est, pour l’auteur, par le biais exclusif de la couleur pure qu’il est activé dans la culture persane. Ce miroir reflète un réel « dépouillé de ses scories », où ne subsiste que l’essentiel – un jardin de splendeurs aux mille nuances – porteur d’un ailleurs à la fois familier et inaccessible. La thèse de Youssef Ishaghpour s’appuie sur la plupart des travaux érudits consacrés à cette belle page de l’histoire de l’art, tout en s’écartant de la doxa qui tente d’en expliquer l’intérêt par leur sujet. Les relations entre textes et images sont aussi analysées et rendent la part belle à la miniature, qui jouit d’un statut autonome. Le recadrage effectué propose en effet de considérer l’art de l’enluminure comme un objet à part, son âge d’or s’étendant de la fin du XIVe siècle au milieu du XVIe siècle. L’énoncé précis de règles qui régissent cet art contribue à la magie visuelle qui fait que « le spectateur n’est pas dans l’image, ni devant elle, mais fasciné par les images d’un univers de songes ».
Livres hebdo, du 13 au 20 février 2009 Couleur de Dieu par Jean-Maurice de Montremy
Né en 1940 à Téhéran, Youssef Ishaghpour s’est imposé par ses ouvrages sur le cinéma, notamment son monumental Orson Welles en trois volumes (La Différence, 2005). On lui doit aussi d’excellents travaux sur la littérature, la philosophie et la peinture. Ainsi de La Miniature persane, dont une première version avait paru en 1999 chez Farrago. En Occident, où domine la théologie de l’incarnation, la matière et « le monde des phénomènes » sont transfigurés, rachetés, par leur accession à la forme idéale. En Chine tout se joue dans la relation du plein au vide. En Iran – dont le genre suprême est la miniature –, les artistes et les mystiques recherchent « la transsubstantiation alchimique de la matière en couleurs de lumière ». Youssef Ishaghpour cite un verset zoroastrien du VIIIe siècle avant notre ère : « C’est grâce à Sa lumière que l’univers s’est vêtu d’une parure de joie. » L’histoire et la métaphysique de la miniature persane reposent sur le ravissement. Le spectateur n’est pas dans l’image (comme en Chine) ou devant elle (comme en Occident) : il est « fasciné par les images d’un univers de songe qui l’enchantent, le captivent, le charment, l’apaisent et le consolent. » L’univers n’est pas un espace-temps mais une lumière toujours plus intense : « le monde existe et, par ses couleurs, se rend visible. » Ce qui s’accompagne d’une révolution littéraire et poétique. Clairement, avec un art élégant de la synthèse, Youssef Ishaghpour suit l’aventure historique, esthétique et spirituelle de la miniature de la Perse préislamique jusqu’aux cent soixante-quinze années de son apogée irano-musulmane (fin du XIVe, milieu du XVIe). Si bien que ce beau petit livre ne se contente pas d’éduquer le regard. C’est une introduction lumineuse à la civilisation de l’Iran.
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| « Du jour au lendemain », par Alain Veinstein, France Culture, jeudi 26 mars 2009 à 23h30 |

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