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  La Mort nue

  Géva Caban

  Récit

  64 pages
10 €
ISBN : 2-86432-213-7

Résumé

     Il n’y a ici ni horreur ni gémissements, aucun récit clinique. Nous ne sommes pas dans l’attente mais dans l’approche de la mort – la mort nue, naturelle et simple d’une mère.
     Vivre cette mort, l’écrire, dans l’oubli de soi et du monde (si ce n’est quelques échappées vers les bois en automne), dans l’élan de l’amour, c’est épouser son lent et irréversible mouvement, c’est la serrer au plus près.
     Alors, de cette difficile proximité, naît un chant, une présence demeure.



Extrait du texte

     Maman.
     Réduite à l’essentiel : un souffle.
     Étrangement, ce souffle si léger qu’on ne peut pas le saisir, impalpable au point de paraître quelquefois suspendu, nous relie à elle plus fortement encore que ne faisait sa voix, sa voix dont je pense aujourd’hui qu’elle était si parfaite, si naturellement parfaite, qu’elle n’étonnait pas, ne bouleversait pas, mais, simplement, retenait.
     Elle disait :
     « Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent. »
     Sa voix, posée juste dans son medium, timbrée sans discordance, mesurée dans son temps était si unie, si recto-tono qu’on n’en écoutait pas la sonorité : elle livrait son message sans s’interposer à l’inverse de certaines autres voix qui font écran, qui escamotent.
     La voix de maman délivrait les mots, le sens des mots, la pensée, loyalement.
     Elle disait :
     « Les mots ont un sens. »
     Elle le croyait. Elle n’avait pas appris les non-sens, elle ne savait pas interpréter les lapsus, les blancs de mémoire (comme on dit au Québec), elle ne savait pas que les mots n’ont pas un sens mais plusieurs. Elle leur faisait confiance. Innocemment.
     Elle disait :
     — Précise ta pensée
     parce que son propre langage était précis, clair, droit. Le langage servait sa pensée et c’est tout.
     Maintenant elle n’a presque plus de mots. Elle a oublié les mots. Elle a désappris à penser.



Extraits de presse

     Il y a dans ce petit livre si intense, si épuré, une force étrange, une sorte de goût du néant, qui témoigne d’une intimité fascinée avec la mort. [...] Pas de place ici pour la crainte : c’est, à travers une double ascèse, une accoutumance à la désincarnation, à l’abstraction.
     Les mots aident celle qui écrit à être passionnément, silencieusement présente. [...] La narratrice trace des mots légers comme des ailes d’oiseau, des phrases impalpables, à peine murmurées, des signes arrachés à l’inachevé.
     Monique Pétillon, Le Monde, 24 mars 1995.

 

     Géva Caban a perdu sa mère, il y a peu d’années [...], elle en dit l’intime sans impudeur, le chagrin sans la douleur, la lucide consolation, par la grâce de l’écriture la plus naturelle qui soit, la plus légère, et l’usage du cœur.
     Jean-Baptiste Harang, Libération, 12 janvier 1995.

 

     Cinquante-trois pages d’une pureté et d’une géométrie absolues, d’une infinie pudeur, d’une profondeur et d’une beauté simples et extrêmes [...]. Texte adamantin, sobre, sans étalage ni vibrato, où il est autant question d’amour que de mort. Netteté du cristal, sans jamais tomber dans les travers de l’écriture dite « féminine ». Géva Caban n’est pas une « écrivaine », elle est un auteur. Au sens fort. [...]
     Cette Mort nue est une offrande à la mère et au lecteur. D’autant que le monde moderne relègue la mort au fond des hôpitaux ou sur les écrans de télévision, le spectacle devenant alors une forme perverse et paradoxale de l’occultation. Finalement, tout commentaire est presque inutile et manque tomber dans la paraphrase. L’essentiel c’est de le dire.
     Philippe Cusin, Le Figaro, 26 janvier 1995.

 

     La mort d’une mère. Rarement ce thème aura été mis en littérature avec autant d’économie de mots, avec autant de profondeur et d’émotion, sans fard. [...] Comment ne pas accompagner l’auteur dans ses réflexions, dans ce chemin à la fois si banal et si unique qui est le lot commun du destin de chacun. Comment ne pas s’approprier ses mots si justes, si évidents, si chargés d’amour et de vie, et qui le sont tellement qu’il n’est rien de plus difficile que de les exprimer.
     Le Généraliste, 17 février 1995.

 

     Récit sobre, pudique, touchant, d’une mort annoncée.
     Notes bibliographiques, mars 1995.

 

     La retenue de Géva Caban est extrême, et son écriture dénuée de tout artifice. Superbe.
     Info matin, 9 février 1995.



Radio et télévision

     Panorama, par J. Duchateau, France-Culture, 20 février 1995.
     Fréquence lire, de Cella Minart, Radio-France international, 11 mars 1995.