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96 pages
5,80 €
ISBN : 978-2-86432-523-9 |
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« Son écriture est une danse qui soulève, une musique qui anime rythmiquement la lourdeur de l’exister. Mais d’où cette danse musicale tire-t-elle la force de son surgissement ? À quelle profondeur, quel sous-sol libidinal emprunte-t-elle son énergie, sa puissance si bouleversante d’émotion, puisque c’est à sa densité émotionnelle que Céline reconnaît la présence d’un grand style ? Il ne suffit pas en effet de dire que l’écriture délivre de la pulsion : il faut aussi rêver comment elle s’enracine en elle, et l’accouche, la résout, la parle… À ces questions les Entretiens avec le Professeur Y apportent une admirable réponse onirique. On y trouve, tout au long d’un développement ruisselant, effiloché, sans cesse coupé d’incises burlesques et étrangement, sexuellement obsessionnelles, une théorie de l’écriture pulsionnelle. »
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Dans le débraillé, si infâme qu’il soit, il nous faut cependant reconnaître l’authentique révélation d’un être et comme l’épiphanie d’une vérité. Cette vérité est celle d’une force centrifuge, éternellement fuyante hors d’elle‑même, qui échappe toujours aux formes, aux lois, et jusqu’à la pensée qui voudrait la fixer et l’exprimer. Le débraillé marque la première apparition de cette force, il en qualifie le surgissement épidermique, en définit formellement le débouché. Ainsi dans le texte suivant où Bardamu, embarqué pour l’Afrique, voit s’affirmer soudain chez ses compagnons de voyage leur essence jusque‑là dissimulée : « C’est depuis ce moment que nous vîmes à fleur de peau venir s’étaler l’angoissante nature des blancs, provoquée, libérée, bien débraillée enfin, leur vraie nature ; tout comme à la guerre […] C’est alors qu’on se déboutonne éperdument et que la saloperie triomphe et nous recouvre entiers ». Pour terminer par la formule décisive qui affirme, dans le registre de la chair, la valeur révélante de tout ce débraillage : « C’est l’aveu biologique ». |

Acta, mardi 23 décembre 2008
Céline Michon Richard
par Florian Pennanech Le Figaro magazine, samedi 23 février 2008 par Anthony Palou Excellente idée que la réédition de ce petit essai du grand critique Jean‑Pierre Richard sur Louis-Ferdinand Céline. On les compte par brouettées les études sur l’auteur du Voyage au bout de la nuit, mais s’il devait n’en rester qu’une, peut-être serait‑ce celle‑là, cette Nausée de Céline, qui tient en moins de 100 pages. Le corps, « sac à larves », voilà le sujet de cette nausée. C’est le médecin Céline qui ausculte. L’homme, « ce n’est rien après tout que de la pourriture en suspens ». Sur ce principe de base, l’écrivain raffiné a bâti une œuvre où la molle, la poisseuse, la déliquescente condition humaine est réduite à sa plus simple expression, celle d’une charogne baudelairienne. Les asticots rôdent. On l’aura compris : la nausée célinienne n’est pas sartrienne. Profitez de l’essai de Jean-Pierre Richard pour lire la réédition du fameux « Cahier de l’Herne » Céline (éditions de l’Herne), épuisé depuis trente‑cinq ans. Le Nouvel Observateur, 17-23 janvier 2008 Le Céline de Richard par Didier Jacob C’est l’un des livres les plus époustouflants jamais écrits sur l’auteur du Voyage au bout de la nuit. Jean‑Pierre Richard, le maître-critique que l’on sait, avait publié en 1980, sous couverture violette et chez Fata Morgana, une courte étude intitulée Nausée de Céline. Aujourd’hui rééditée en collection de poche, elle n’a rien perdu de son extraordinaire brio. En moins de 100 pages, Richard analyse les grandes catégories de l’imaginaire célinien, depuis la nausée, le débraillé, le poisseux, qui trouvent à s’incarner dans la représentation du peuple et de la condition humaine, si proche de l’état invertébré. Car l’homme, pour Céline, est un « sac à larves », « papillon pendant la jeunesse et asticot pour en finir ». Pas très ragoûtant, mais avec Richard, c’est au moins servi avec le champagne. |

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