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  Ouvrir Couvrir

 

  352 pages
28 €
ISBN : 2-86432-426-1

Résumé

   Les historiens et les philosophes ont toujours étudié les œuvres d’art. Cette fois, c’est à une artiste, Jessica Vaturi, que s’impose la nécessité d’interroger des intellectuels pour élucider sa propre expérience. L’inversion préside à l’initiative de ce livre.
   Dès lors la règle veut que chaque écrivain aborde le sujet – corps ouvert, corps couvert – dans l’axe et la cohérence de son propre mode d’investigation. De la diversité de ces approches, des effets de la juxtaposition des pratiques artistiques et de celles de la pensée, naît le pari de cet ouvrage.


Extraits de presse

   Art absolument, printemps 2005, n°12
   Ouvrir Couvrir
   par Soko Phay-Vakalis

   L’ouvrage collectif est né à l’initiative de l’artiste Jessica Vaturi qui a participé notamment à la manifestation « Nuit Blanche » 2003 avec ses installations « Dislocations urbaines ». À partir des planches anatomiques de la Renaissance, celles d’André Vésale, et de l’imagerie médicale contemporaine, son travail questionne les modalités et influences de ces images à résonance magnétique (radiographie, scanographie, endoscopie) qui modifient considérablement notre perception du corps ouvert, fermé, in vivo. « Peindre sur/sous toile, la traverser, ou se tatouer, se percer, se vêtir d’explosif : d’où vient la fascination violente d’ouvrir, de s’ouvrir, de voir s’écouler l’ouvert ? » À partir de cette interrogation, elle invite des intellectuels à partager leurs réflexions au regard de leurs propres travaux. Tel est le pari de ce livre. Pari tenu à travers la diversité des approches et la confrontation des pratiques artistiques et des pensées philosophiques et historiques. Qu’il soit ouvert, couvert, nu ou vêtu le corps met en jeu les notions de séparation, de retrait, d’isolement, soulignant l’indispensable démarcation des morts et des vivants. La problématique « ouvrir/couvrir » interroge ainsi les enjeux du voir (« chercher du visible là où il devrait y avoir de l’invisible », écrit Benny Levy) et révèle le lien indissociable où se nouent désir, mort et mémoire.


   Beaux Arts Magazine, février 2005
   Anatomie de l’art
   par Itzhak Goldberg

   Ici, le corps est omniprésent. On le trouve avec les œuvres de Jessica Varuri, qui s’intéresse à la « topographie des ramifications internes ». Mais, couvert ou ouvert, le corps est interrogé par les différents auteurs, dont les récits débordent parfois du cadre de l’histoire de l’art. Ainsi, Georges Didi-Huberman étudie le sens du tallith, ce châle de prière dans lequel les Juifs religieux sont enterrés. Ailleurs, Benny Lévy réfléchit sur le sens des vêtements dans la Bible. Ailleurs encore, Raphaël Cuir et Jacinto Lageira suivent les mésaventures du corps dans l’art contemporain. La figure humaine a perdu son enveloppe ; pétrie, lacunaire, évidée, elle n’est plus celle qui maîtrise le monde.



   Page des libraires,
octobre-novembre 2004
   par Raya Baudinet

   À l’initiative de la plasticienne Jessica Vaturi, dont les travaux questionnent déjà les intrications possibles du corps politique et social avec celui du corps anatomique, historiens, philosophes, et critiques d’art ont accepté à travers cet ouvrage, de traiter tour à tour de la thématique de « l’Ouvrir et du Couvrir ». Sous ce segment de mots, il faut comprendre un corps exploré ou recouvert selon un double mouvement de visibilité et d’invisibilité propre au lexique de l’histoire de l’art mais aussi à celui de la recherche médicale : depuis les premières dissections jusqu’aux actuelles manipulations du corps humain. En effet, qu’est-ce qui se dit de l’identité humaine à travers la mise au jour de l’intérieur d’un corps ? Comment le monde peut-il s’inscrire dans la chair, si l’on présuppose que la chair figure le monde dans lequel nous vivons ? Ces interrogations, les traditions religieuses autant que les canons de la statuaire antique ou l’art contemporain n’ont eu de cesse d’y réfléchir. Un livre qui dessine un parcours de pensée passionnant et exigeant.


   Artpress, 1er janvier 2005
   par Thierry Davila

   À l’origine de cet ouvrage collectif il y a la demande d’une artiste, Jessica Vaturi, qui s’est adressée à sept auteurs (critiques, philosophes, historiens, écrivains) pour travailler sur la question du recouvrement et de l’ouverture. Recouvrement du corps, ouverture de son intériorité, de ses viscères, recouvrement du temps et de la mémoire, ouverture du regard et de l’histoire : nombre de pistes s’ouvrent aux intervenants qui suivent des chemins fort divers, qui circulent dans des textes et des représentations multiples. Un cahier d’images présente le travail de Vaturi qui prend justement pour thématique le corps et sa cartographie. Il est restitué dans la longue durée de l’histoire par Raphaël Cuir, tandis que Paul Ardenne en propose une contextualisation exclusivement contemporaine.
   Dans la plupart des textes, le titre de la publication fonctionne comme un véritable sésame qui permet l’exploration de thématiques et de formes fort différentes Françoise Frontisi-Ducroux élabore un parcours historique à travers les manteaux et les voiles à partir de statues de femmes créées à Cyrène (Santorin) en 630 avant notre ère. Jacinto Lageira analyse le corps recompose et détruit, projeté et représenté chez de Rooning, Francis Bacon et les actionnistes viennois. Un essai posthume de Benny Lévy interroge la question du voir dans la tradition juive. Reste deux textes à lire de toute urgence : celui, magnifique, d’Alain Fleischer consacré à une image vue au musée juif de Sydney, ample méditation sur la mémoire et la mort qui prend pour point de départ le souvenir à la fois précis et estompé de cette photo, et celui, non moins somptueux, de Georges Didi-Huberman consacré au tallith, le châle de prière dans la tradition juive, et à l’azur. Ici, ouvrir et couvrir devient une épreuve écrite.