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  Paysage sud-africain

  J.M. Coetzee

  Essai. Traduit de l’anglais par Anne-Laure Jourdain

  64 pages
9,80 €
ISBN : 978-2-86432-517-8

Résumé

Voici un voyageur anglais – William Burchell – qui, à l’orée du dix-neuvième siècle, parcourt les immensités brûlantes de la colonie du Cap, à l’extrémité de l’Afrique. C’est un peintre amateur ; il cherche un paysage pittoresque qu’il puisse décrire et dépeindre à ses lecteurs.
Sait-il que ce qu’il cherche est en réalité un panorama composé pour un œil éduqué par les maîtres du paysage classique tels que le Lorrain ou Gainsborough ? Sait-il que l’idée du sublime, qu’il a emportée avec lui en quête d’autres beautés, est peut-être impropre à restituer les sentiments qui naissent de la lumière, de l’aridité, des solitudes de l’autre hémisphère ?
Coetzee pose la question : À quel risque s’expose l’imagination de celui qui accepte non seulement de quitter ses paysages familiers, mais de s’en défaire ?


Revue de presse

   Paru sur le site Evene.fr, mercredi 13 février 2008
   par Thomas Flamerion



   Jérusalem Post, 29 juillet au 4 août 2008
   Poésie, art, paysage et histoire
   par Jordana Taieb

   À l’orée du XIXe siècle, un voyageur anglais cultivé parcourant les immensités brûlantes de la colonie du Cap, à l’extrémité de l’Afrique, avait le plus grand mal à décrire la singularité du paysage. Que dire d’un lieu désertique sans eau, sans couleurs ? Est‑ce l’Eden ? Est‑ce un lieu pré‑adamique sur lequel l’influence divine ne s’est pas encore étendue ? Est‑ce l’enfer ?
   « Le paysage (par opposition au terrain) est toujours appréhendé à travers un modèle de représentation. »
  Ce rapport au paysage africain a déterminé l’impasse des rapports historiques des différents colons, néerlandais puis anglais, à la population autochtone. Coetzee en fait une démonstration vertigineuse et originale s’appuyant sur des poèmes, des descriptions ou les théories esthétiques à disposition : le « beau » et le « pittoresque ».
   Quittant l’Afrique pour les États‑Unis puis l’Allemagne du début du XXe siècle, Coetzee poursuit ses explorations du rapport entre paysage, peinture, poésie et histoire.
   Aux États‑Unis aussi, les étendues sans fin suscitèrent des réactions allant de l’effroi à la jouissance édénique. Mais la notion de « sublime » permit de sortir de l’impasse de la vision européenne en Afrique pour apprivoiser le vertige :
   « Voici les jardins du Désert, voici
   Les champs non moissonnés infinis et splendides…
   Je les tiens pour premiers,
   Et mon cœur enfle, tandis que la vue dilatée
   Embrasse l’immensité enveloppante […] » (W.C. Bryant)
  Seulement, le sentiment du « sublime », remarque l’auteur, peut aussi servir à justifier toutes sortes d’idéologies, y compris expansionnistes. Le lien entre paysage et caractère national fut un thème majeur du nationalisme allemand au XIXe siècle.
   J.M. Coetzee, prix Nobel de littérature 2003, souligne le risque auquel s’expose l’imagination de celui qui accepte non seulement de quitter ses paysages familiers, mais de s’en défaire.



   La voix du Luxembourg, mercredi 12 mars 2008
   par Sophie Guinard

   C’est un petit essai mêlant art et littérature que nous propose John Maxwell Coetzee, prix Nobel de littérature 2003. Son sujet est le suivant : comment des Européens du XIXe siècle, imprégnés de repères géographiques et de codes esthétiques classiques, ont‑ils perçu, et surtout restitué, dans la peinture et la poésie, le paysage d’Afrique du Sud? Et, par conséquent, comment doit‑on le regarder et le lire? L’auteur présente les standards du pittoresque et du sublime et analyse la manière dont ils ont été adaptés au paysage sud-­africain, notamment grâce à des extraits de poèmes de Thomas Pringle et de notes du naturaliste William Burchell. Il en résulte une réflexion très pointue sur l’interdépendance entre colonisation et art et sur la capacité de l’artiste à porter un regard dépourvu de préjugé sur une nature étrangère. Avec cette conclusion : la difficulté d’appréhender artistiquement le paysage sud‑africain tient à l’incertitude de ses racines : sont‑elles africaines ou européennes?