EGAN, Desmond
Egan, Desmond (1940). Né à Athlone, ce poète qui fit ses études à l’University College de Dublin et fonda en 1972 la Goldsmith Press (où publièrent notamment Michael Hartnett et Desmond O’Grady) a affirmé à maintes reprises sa marginalité et, de ce fait, est exclu de la plupart des anthologies contemporaines. Il n’en est pas moins, surtout à partir de Woodcuts (1978), l’auteur d’une œuvre qui mérite l’attention. Patrick Rafroidi, l’un des meilleurs connaisseurs français de la tradition littéraire irlandaise, a publié en 1986 dans Études Irlandaises les traductions que nous reprenons ici ; on retrouvera ces poèmes de Desmond Egan et d’autres traduits par Danielle Jacquin, Christine Pagnoulle, Patrick Rafroidi et David Scheinert dans une anthologie entièrement consacrée à son œuvre : Terre et paix, présentation de Patrick Rafroidi, Presses Universitaires de Lille, 1988.
ENNIS, John
Ennis, John (1944). Né dans le comté de Westmeath, il a fait ses études à Cork et à Dublin et vit aujourd’hui dans le comté de Waterford. Il a reçu le Patrick Kavanagh Award en 1975 pour un manuscrit publié l’année suivante, Night on Hibernia. Le trait le plus marquant de ses premiers poèmes est une recherche du mot rare souvent déconcertante, mais c’est Dolmen Hill (1977) qui a consacré sa réputation ; ce livre comprend notamment un très long poème intitulé Orpheus qui a été très remarqué et discuté. Après le recueil A Drink of Spring (1979), la parution du poème The Barren Days (1985) semble indiquer qu’une diction poétique ample constitue pour lui une voie privilégiée. Par-delà une extrême variété thématique, In a Green Shade (1991), d’où sont tirés les poèmes traduits pour la présente anthologie, confirme cette impression ; l’extrême complexité de la plupart d’entre eux rend problématique toute tentative de traduction, leur intérêt résidant souvent dans un enchevêtrement de métaphores auquel le français se plie avec difficulté.
FALLON, Padraic
Fallon, Padraic (1905-1974). Né dans le comté de Galway, ce poète discret travailla quarante ans dans les services douaniers irlandais, publiant ses poèmes dans des revues sans jamais se soucier de les réunir en volume. Seules ses pièces de théâtre, presque toutes diffusées par Radio Éireann, certaines d’entre elles reprises par la BBC, lui valurent une large audience, notamment Diarmuid and Grainne (1950) et The Vision of Mac Conglinne (1953) ; The Seventh Step fut joué à Dublin avec succès en 1945. La plus grande partie de son œuvre théâtrale semble pourtant être restée inédite ; mais ses poèmes, rassemblés après sa mort grâce aux efforts de ses amis du Dolmen Press (Poems, 1974), lui valent une durable renommée posthume. Inconnu du grand public, Fallon fut tenu en très haute estime par ses pairs ; Brendan Kennelly, John Montague et Thomas Kinsella, trois poètes dont le jugement ne saurait laisser indifférent, lui ont accordé une place importante dans leurs anthologies.
FIACC, Padraic
Fiacc, Padraic (1924). De son vrai nom Patrick Joseph O’Connor, il est né à Belfast et a très tôt émigré à New York avec ses parents. Il est revenu en Ulster en 1946 et sa poésie reflète pour une grande part les troubles des années 50 et 60. Le meilleur de son œuvre se situe pourtant dans sa sensibilité très particulière à la vie naturelle ; il est l’un des poètes irlandais qui a le mieux assimilé la leçon d’un William Carlos Williams, mais il évoque souvent parmi les figures qui le hantent celle de Pádraic Pearse, dont le rapproche la forme gaélique qu’il a choisie pour son prénom. Ses principaux recueils sont By the Black Streams (1969), Odour of Blood (1973), Nights in the Bad Place (1977), Missa Terribilis (1986). En 1974, il a édité The Wearing of the Black, une anthologie-manifeste qui rassemblait des poèmes inspirés par les troubles en Irlande. Un choix de ses poèmes a été publié en édition de poche (chez Blackstaff Press) par Gerald Dawe et Aodán Mac Póilin en 1994 sous le titre Ruined Pages.
GIBBON, Monk
Gibbon, Monk (1896-1987). Né à Dublin, élevé au collège de Saint-Colomba, ce fils de pasteur fit ses études supérieures à Oxford (Keble College) puis fut mobilisé dans l’armée anglaise durant la Première Guerre mondiale, et obligé de prendre part à la répression qui suivit l’Insurrection de 1916. Une longue dépression nerveuse s’ensuivit qui marqua toute sa jeunesse, dont il guérit en partant enseigner quelque temps en Suisse. Son premier recueil de poèmes, The Tremulous String (1926) lui valut l’attention et l’amitié de AE. Après la mort de ce dernier, Monk Gibbon publia une anthologie des poèmes de AE sous le titre The Living Torch (1937). Ses rapports avec Yeats, en revanche, furent des plus tendus ; il s’en expliqua en 1959 dans un livre intitulé The Masterpiece and the Man : Yeats as I Knew Him, et deux des poèmes que nous publions reflètent cette difficile confrontation qui marqua toute sa vie. Ses volumes de souvenirs : The Seals (1935), Mount Ida (1948), Unglorious Soldier (1968), The Brahms Waltz (1970) et The Pupil (1981), montrent un homme attaché à l’identité irlandaise, et qui cherche à concilier un nationalisme sincère avec un pacifisme hérité de la douloureuse expérience de 1914-18. Monk Gibbon a rassemblé l’essentiel de ses poèmes sous le titre This Insubstantial Pageant en 1951 ; The Velvet Bow (1972), qui les complète et d’où sont extraits les poèmes ici traduits par Jean Briat, est l’un de ses meilleurs recueils.
GOGARTY, Oliver St John
Gogarty, Oliver St John (1878-1957). Né à Dublin, il y fit des études de médecine à Trinity College avant de partir compléter sa formation à Oxford puis à Vienne, et se lia très tôt d’amitié avec James Joyce, qui s’inspira de lui pour le personnage de Buck Mulligan dans Ulysse. Il devint un oto-rhino-laryngologiste réputé, et s’abstint longtemps de publier ses œuvres sous son nom, conformément aux usages en vigueur à l’époque dans les professions médicales, quoiqu’il fût bien connu des milieux littéraires et politiques irlandais, surtout pour ses pièces représentées à l’Abbey Theatre. Élu en 1922 (comme Yeats, avec lequel il était très lié) au Sénat de l’État Libre d’Irlande — ce qui lui valut une tentative d’assassinat après enlèvement, et l’incendie de sa maison de campagne pendant la guerre civile — il se fit connaître du public à partir de 1923 avec An Offering of Swans puis Wild Apples (1928). Il écrivit également plusieurs romans et des souvenirs. Publié essentiellement aux États-Unis (Selected Poems, 1933) il s’exila à New York après la mort de Yeats en 1939 et ne revint que rarement en Irlande jusqu’à sa mort. Les poèmes que nous avons choisis sont extraits de Perennial (Londres, Constable, 1946), l’un des livres qui reflète le mieux son esprit fantasque et mélancolique.
GRAVES, Robert
Graves, Robert (1895-1985). Né à Wimbledon d’une mère prussienne et d’un père irlandais, Robert Graves (de nationalité anglaise pour l’état civil) ne saurait être considéré comme un « pur » irlandais. John Montague l’inclut néanmoins dans son anthologie de la poésie irlandaise — avec raison, nous semble-t-il. Son père Alfred Perceval Graves (1846-1931), inspecteur des écoles publiques en Irlande et président de l’Irish Literary Society, écrivit vers 1880 des ballades qui font de lui l’un des précurseurs du Renouveau irlandais, et publia de nombreuses anthologies de poésie et de musique populaires irlandaises. Robert Graves, qui passa à Majorque la plus grande partie de sa vie, choisit l’exil sur les conseils de Gertrude Stein pour renouer avec ses racines profondes et retourner aux sources intérieures de son héritage celtique. Des cent treize livres qu’il publia dans tous les genres, émergent surtout la trilogie Moi, Claude, qui fut un succès mondial, et des poèmes d’une facture traditionnelle qui traduisent une haute conception du sacerdoce poétique. La passion de Graves pour les formes anciennes n’empêcha pas, du reste, par l’intermédiaire de sa liaison avec la poétesse Laura Riding, son dialogue fructueux avec les « fugitifs » américains (Allen Tate, John Crowe Ransom, Robert Penn Warren). L’ascendance celtique se lit surtout chez Graves dans sa passion pour l’étude des mythologies ; les grands livres qui en résultèrent, parmi lesquels La Déesse blanche (1948) et Les Mythes grecs (1955), pour être contestés par les spécialistes, n’en contiennent pas moins des rapprochements audacieux qui font de Graves l’un des précurseurs de l’anthropologie de l’imaginaire. Comme Yeats, Graves oscille dans ses poèmes entre l’impersonnalité prônée par un T.S. Eliot, et la confession intime. Dans ce dernier registre, et par contraste avec la tendance chamanique dont témoigne l’autre versant de son œuvre, il fait souvent preuve d’une humeur sceptique et d’une ironie toutes terrestres. Un volume de ses Collected Poems a paru en 1975 ; ses Selected Poems sont régulièrement réimprimés en édition de poche.
GREACEN, Robert
Greacen, Robert (1920). Né à Derry, il fait ses études au Collège Méthodiste de Belfast puis à Queen’s University. Il quitte alors Belfast pour poursuivre ses études à Dublin, où il obtient un diplôme en sciences sociales à Trinity College. À la fin des années quarante, il part pour Londres où il restera jusqu’en 1988. Il publie deux recueils de poèmes en 1944 et, en 1948, édite avec Valentin Iremonger une anthologie de la poésie irlandaise contemporaine chez Faber en 1949, mais ne publie pas d’autre livre de poésie jusqu’en 1975, date à laquelle A Garland for Captain Fox paraît à Dublin. Dans cette séquence de poèmes, Greacen invente un personnage énigmatique dont les aventures et intrigues entraînent le lecteur sur un chemin troublant. Pendant sa période londonienne, Greacen poursuit une carrière de journaliste et de critique littéraire, ponctuée par des études sur Noel Coward et C.P. Snow et par la publication d’une autobiographie (Even without Irene, 1969). Longtemps considéré comme « le plus anglais des poètes irlandais depuis Louis MacNeice », Greacen revendique aujourd’hui son identité irlandaise, notamment dans les poèmes de Carnival at the River (1990). Il a été élu en 1986 à l’Académie des Beaux-Arts de Dublin, où il vit aujourd’hui. Ses Collected Poems lui ont valu en novembre 1995 le Irish Times Poetry Prize, la récompense la plus importante qu’un poète irlandais puisse recevoir dans son pays.
GREGORY, Dame Isabella Augusta
Gregory, Dame Isabella Augusta (1852-1932). N’eût-elle rien écrit, Lady Gregory ferait partie de l’histoire de la littérature irlandaise pour avoir offert à Yeats, grâce à son hospitalité au château de Coole Park, une image de la survie de l’Irlande aristocratique capable de canaliser son inspiration. Mais Isabella Augusta Gregory, née Pearsse, est aussi une femme de lettres, remarquable surtout, peut-être, pour son théâtre (c’est à ses efforts et à ceux de Yeats, Martyn et Hyde que l’on doit la création du Théâtre Littéraire Irlandais, puis de l’Abbey Theatre) et pour ses versions anglaises de contes folkloriques et de légendes irlandaises. De The Rising of the Moon (1904) à Three Last Plays (1928), son théâtre s’inspire le plus souvent de légendes irlandaises, mais aussi de classiques du théâtre européen (Goldoni, Molière), transposés dans un dialecte anglo-irlandais proche de la langue réinventée par Synge dans ses pièces. C’est dans ce dialecte surnommé Kiltartanese qu’elle rédigea également ses contes et la matière de ses études, de A Book of Saints and Wonders (1906) à Visions and Beliefs in the West of Ireland (1920) en passant par The Kiltartan History Book (1909) et The Kiltartan Wonder Book (1910). Née dans le comté de Galway, parlant couramment le gaélique (elle aida Douglas Hyde à fonder la Ligue Gaélique), Lady Gregory donna dans The Kiltartan Poetry Book (1919) des traductions de poèmes irlandais qui sont d’un authentique poète, quoiqu’il ne semble pas qu’elle ait écrit elle-même de poèmes originaux, en gaélique ni en anglais. Ses traductions, très libres, sont de véritables re-créations ; elles permettent de lui faire une place dans cette anthologie de la poésie irlandaise qui n’eût pas été complète sans sa présence. On peut lire en français Écoutez la nouvelle et La lune se lève (trad. C. Antonetti, Librairie Théâtrale, 1979 et 1980) et Deirdre ou le sort des fils d’Usnach (trad. Pierre Leyris, Genève ; La Dogana, 1988).
HARTNETT, Michael
Hartnett, Michael (Mícheál O hÀirtnéide, 1941). Né dans le comté de Limerick, il s’est fait connaître en 1968 avec Anatomy of a Cliché puis par des traductions du gaélique. Il a également adapté en anglais, au début des années 70, les textes classiques du taoisme et le Romancero gitan de Lorca. En 1975, il publie un recueil au titre retentissant, A Farewell to English, qui signale sa décision de ne plus écrire désormais qu’en gaélique ; il passe à l’acte en 1978 avec Adharca Broic (Cornes de blaireau), mais se traduit lui-même régulièrement en anglais (A Neckless of Wrens, 1987) et, de fait, ne semble pas avoir renoncé à écrire en anglais. La qualité majeure de sa poésie est, dans une langue simple et élégante, de révéler l’existence de la magie au cœur même de l’expérience quotidienne. Michael Hartnett a publié en gaélique, ces dernières années : An Phurgóid (La Purge), Do Nuala : Foighne Chrainn (Pour Nuala : la patience d’un arbre), et An Lia Nocht (La dalle nue).
HEANEY, Seamus
Heaney, Seamus (1939). Né dans le comté de Derry, reconnu dès Death of a Naturalist (1966) comme l’un des poètes les plus importants de sa génération, il est devenu en 1995 le quatrième Prix Nobel de Littérature irlandais après W.B. Yeats, George Bernard Shaw et Samuel Beckett. Cette consécration, qui vient après une impressionnante série de distinctions internationales, ne fait que confirmer l’importance d’une œuvre qui jouit en Irlande et dans tout le monde anglo-saxon d’une popularité probablement jamais atteinte par un poète depuis l’époque romantique, du moins pour une œuvre d’aussi haute qualité. Essentiellement enseignant (il a fait ses études à Queen’s University à Belfast, où il a été assistant de 1966 à 1972), il a aussi travaillé un certain temps pour la télévision irlandaise et, depuis 1989, occupe une chaire de poésie à Oxford tout en continuant à enseigner un semestre par an à Harvard. Témoignant de ses origines paysannes, sa poésie prend racine dans les terres de son Derry natal, qu’il décrit avec une vigueur qui les rend intensément présentes au regard, au point que ses premiers recueils (Door Into the Dark, 1969, et Wintering Out, 1972) ont pu le faire passer pour un poète « régional » et terrien. La qualité majeure de la première partie de l’œuvre de Heaney est de montrer comment l’exploration des grands mythes dont sa terre natale est pétrie peut prendre la valeur d’une descente dans l’inconscient. Son identité de catholique de l’Ulster détermine en outre une bonne part de ses prises de position publiques : ainsi sa réponse en vers d’une ironie cinglante, publiée par la compagnie théâtrale Field Day de Derry, aux éditeurs qui l’avaient inclus en 1984 dans le Penguin Book of Contemporary British Verse, l’annexant ainsi à la poésie « britannique ». Poète paradoxal, qui éprouve pour la parole autant de désir que de défiance, Heaney semble affronter la tentation permanente du silence, dont témoigne par exemple en plus d’un passage le long poème, inspiré d’une légende gaélique, Sweeney Astray (1983, trad. française par B. Hoepffner : Les errances de Sweeney, Nantes, Le Passeur, 1994). Outre une remarquable adaptation du Philoctète de Sophocle (The Cure at Troy, 1990), Seamus Heaney est au total l’auteur d’une douzaine de recueils de poèmes qui, à partir de Field Work (1979), semblent s’orienter plutôt vers une sorte d’autobiographie familière : Station Island (1984), The Haw Lantern (1987), Seeing Things (1991), Sweeney’s Flight (1992), The Midnight Verdict (1993). Un choix de Poèmes de S. Heaney a paru chez Gallimard (trad. A. Bernard Kearney et F. Lafon, préface de R. Kearney), dont est extrait l’un des poèmes cités ici. Signalons également l’anthologie Pays des marées (Granit, 1987).
HEWITT, John
Hewitt, John (1907-1987). Né à Belfast, où il a fait ses études à Queen’s University, sa carrière officielle a été celle d’un conservateur de musée, en poste à Belfast de 1930 à 1957. Nommé à Coventry, il est revenu vivre à Belfast lors de sa retraite en 1972 ; cet exil lui a inspiré l’un de ses plus beaux poèmes, An Irishman in Coventry, que nous publions ici. Comme critique d’art et éditeur des revues Lagan (1946-47) puis Threshold (1957-62), il a contribué de façon marquante au dialogue entre peintres, poètes et gens de théâtre. Homme de gauche, humaniste, auteur de plusieurs pamphlets, il affirme son identité irlandaise en publiant des monographies sur des peintres régionaux et en se livrant souvent à de minutieuses descriptions des paysages de l’Ulster, mais sa poésie a une portée universelle et renouvelle volontiers les grands mythes fondateurs de l’imaginaire, comme le montre, parmi les textes que nous avons retenus, le poème intitulé Minotaure. Ses principaux recueils sont Conacre (1943), Compass (1944), Those Swans Remember (1956), No Rebel Word (1948), Out of my Time (1974), Time Enough (1976). John Hewitt est l’une des voix majeures de la poésie irlandaise de ce siècle.
HIGGINS, Frederick Robert
Higgins, Frederick Robert (1896-1941). Né à Foxford, dans la partie d’expression gaélique du comté de Mayo, il quitta très tôt l’Ouest catholique de l’Irlande et fut élevé en pays d’administration anglaise. Quoique son père fût un protestant unioniste, il ne cessa de se référer aux traditions de l’Ouest gaélique comme à la source de la poésie irlandaise la plus « pure ». Pionnier du mouvement travailliste en Irlande, il fut l’éditeur de plusieurs journaux représentant cette tendance et le premier, quoique éphémère, éditeur d’un magazine destiné aux femmes. Ses trois principaux livres se distinguent par un appel aux formes de la ballade traditionnelle, qui eurent sans doute une influence sur les œuvres tardives de Yeats, avec lequel il se lia vers 1935 : Island Blood (1925), The Dark Breed (1927), Arable Holdings (1933). Son livre suivant, The Gap of Brightness, publié en 1940, se distingue par un assombrissement des thèmes et du ton général, dû aux événements, et peut-être à l’échec d’une pièce de théâtre par laquelle il espérait inaugurer une nouvelle étape de son œuvre ; une mort prématurée ne lui en laissa pas le temps.
HUTCHINSON, Pearse
Hutchinson, Pearse (1927). Né à Glasgow dans une famille de patriotes irlandais, il a été l’un des derniers élèves du collège expérimental de St. Enda fondé par Pádraic Pearse à Dublin pour enseigner le gaélique aux enfants. Il a fait ses études supérieures à l’University College de Dublin, a travaillé longtemps comme journaliste et a fait de fréquents séjours dans toute l’Europe, notamment en Espagne, où les paysages andalous ont particulièrement marqué sa poésie. Il écrit en gaélique (Faoistin bhacach, 1968), quoique sa production poétique soit majoritairement anglophone : Tongue Without Hands (1963), Expansions (1969), Watching the Morning Grow (1973), The Frost is All Over (1975), Climbing the Light (1985).
HYDE, Douglas
Hyde, Douglas [Dubhghlas de hÍde] (1860-1949). Né dans le comté de Roscommon, éduqué par son père, qui était un ministre protestant, il fit ses études supérieures à Trinity College à Dublin. Les irlandophones qu’il avait rencontrés durant son enfance avaient éveillé son intérêt pour le gaélique. Il participa à la fondation de la Ligue gaélique en 1893, et il en resta le président jusqu’en 1915. Il travailla à recueillir des contes et des chansons traditionnels : Leabhar Sgéuluigheachta (Livre de Contes, 1889), Beside The Fire (1890), recueil de contes, avec sa version gaélique Cois na Teine (1891), Amhráin Grádha Chúige Chonnacht (Chansons d’amour de la province de Connacht, 1894) ; Religious Songs of Connacht : Legends of Saints and Sinners. Il a publié également plusieurs livres d’histoire littéraire : The Story of Early Gaelic Literature (1895), Literary History of Ireland (1899). Il a écrit quelques pièces en irlandais dans la représentation desquelles il jouait lui-même un rôle : Casadh an tSugain (En tournant la corde), An Tincéir agus an tSídheog (Le rétameur et la fée), An Posadh (Le Mariage), Tigh na mBocht (La Maison des Pauvres). À ces pièces en un acte viennent s’ajouter un drame satirique, Pleusgadh na Bulgoide (L’éclatement de l’abcès), satire contre les professeurs de Trinity College, et un drame religieux sur la Nativité. Dans sa jeunesse, Douglas Hyde écrivit quelques poèmes, sous le pseudonyme de An Craoibhín Aoibhinn (La petite branche plaisante). Professeur d’irlandais moderne à l’University College de Dublin, il fut élu président de la nouvelle République d’Irlande en 1937, fonction qu’il conserva jusqu’en 1945. |