Littérature française
  Verdier
L'Image
Chaoïd
Deyrolle
Antigone
L’Éther Vague
Farrago
Fourbis

Littérature étrangère
  allemande
anglaise
espagnole
italienne
russe Slovo
russe Poustiaki
divers

Verdier poche

Philosophie

Hébreu

Islam

Sciences humaines
  Détours fertiles
La Passion

Art et architecture
  Collection « Art et architecture »
L’Imprimeur

Tauromachie

Cuisine

Revues

Retour Accueil

nouveautés

agenda


Lettre d'information

Informations générales

Sites conseillés

banquet du livre



 
  Le Talmud - Traité Haguiga

 

  Traduit de l’araméen et de l’hébreu
Introduit et annoté par le Grand Rabbin Israël Salzer
Préface du Grand Rabbin Samuel Sirat

  320 pages
23 €
ISBN : 2-86432-131-9

  Voir aussi : Le Talmud - Traité Makkot - Le Talmud - Traité Moed Katan

Résumé

     Le traité Haguiga du Talmud de Babylone traite des lois concernant les fêtes de pèlerinage qui se déroulaient à Jérusalem avant la destruction du Temple. Il comprend également des exposés dans les domaines principaux de la mystique juive ancienne : cosmogonie et angélologie (Maasé Béréchit et Maasé Mercaba). L’importance et l’originalité de ce traité tiennent dans l’abondance des récits aggadiques de type historique et dans la richesse des éléments mystiques et ésotériques qu’il recèle. Source d’inspiration inépuisable pour les générations de commentateurs, c’est autour de cet ouvrage que les grands courants de la mystique et de la philosophie juives se sont constitués et ont pris position. Objet de discussions et de controverses pendant des siècles, l’interprétation de beaucoup de ses pages reste encore un sujet ouvert et sensible, si bien qu’aucun système de pensée dans le judaïsme, aucune théologie, ne peuvent contourner les dires des rabbins de la fin de l’Antiquité, qui sont rapportés dans ce traité. Au sein de l’ensemble des volumes qui constituent le Talmud, le traité Haguiga a été sans doute le plus décisif pour la formation des conceptions juives d’ordre mystique et cosmologique.



Extrait de presse

     Tribune juive, 1er novembre 1991,
     par Ph.-Michaël de Saint Chéron,
      Le Talmud en gloire

     À la veille de sa mort, le Grand Rabbin Israël Salzer achevait sa traduction du traité Haguiga qui paraît aujourd’hui.
     Voici aujourd’hui que nous est offerte cette première traduction française intégrale du traité Haguiga. Il s’agit sans doute de l’ultime traduction du Grand Rabbin Israël Salzer. Ce maître, l’un des plus éminents traducteurs du Talmud, entreprit ce travail voici plus de vingt ans, d’abord grâce à la Fondation Haséfer Vehalimoud avec la publication du traité Sanhédrin, suivi de Méguila et de Yoma. Depuis 1980, Israël Salzer a travaillé d’arrache-pied pour les éditions Verdier, afin de mener à bien la traduction du traité Pessahim (1984), de Moëd Katan et enfin de Haguiga. Il aura encore eu le temps de revoir sa première édition de Méguila, qui reparaîtra chez Verdier, l’année prochaine, ainsi qu’une édition de Pessahim. Rappelons pour mémoire que nous devons aussi à celui-ci rien moins qu’une bonne partie de la traduction du commentaire de Rachi dans l’édition bilingue de la Tora en cinq volumes, unique à ce jour. Cet homme alliait une érudition qui n’avait d’équivalent que son humilité, dont témoignent tous ceux qui l’ont approché. La tâche du traducteur n’est-elle pas la plus humble des tâches, car elle consiste à se faire transparent devant l’œuvre à traduire.
     Le Grand Rabbin Salzer achevait son avant-propos au traité Moëd Katan par cette phrase : « Afin que l’eau qui désaltère n’en finisse pas d’avoir le dernier mot : “Nous sommes tes disciples et c’est de tes eaux que nous buvons” (Haguiga 3a). »
     Il a eu encore le temps d’écrire lui-même l’introduction à sa dernière traduction. De quoi s’agit-il dans ce Haguiga sinon de Hag, la fête, et de Haguog, se réjouir ? Ce traité énonce l’obligation de monter à Jérusalem, vers la montagne du Temple, trois fois par an ; c’est la mitsva de reïya, l’acte de « se montrer, de faire acte de présence ». Tout juif en âge de marcher, s’il n’est pas malade, ni sourd, ni aveugle, ni trop âgé, ni trop jeune, est tenu à cette obligation de la montée du Temple comme à celle de la joie. Très rapidement pourtant, nous quittons ce sujet pour nous plonger dans des pages pleines de mystères sur les lamentations des Sages : « Rabbi Ami a pleuré quand il est arrivé à ce texte : Qu’il place sa bouche (avec humilité) dans la poussière, peut-être y aura-t-il quelque espoir (Lamentations 3,29). Il s’est dit : Tant que cela, et (ce n’est encore que) peut-être ! »
     Il est aussi question du hasard de l’advenue de la mort, en une page qu’Emmanuel Lévinas commenta à l’ENIO. Meurt-on à la fin de « ses jours » ou arrive-t-il que l’on meure au hasard de quelque circonstance trop tôt ? Suit un long développement sur les sacrifices et les offrandes apportées au Temple.
     Dans ce traité, toutes les questions les plus importantes relatives à la vie juive sont présentes depuis les tâches effectuées le jour du chabbat sans but intéressé, et pour lesquelles on est quitte, jusqu’aux périodes d’impureté, en passant par la question de la responsabilité : qui est coupable d’un acte fautif entre celui qui l’a commandé et celui qui l’a accompli ? « J’ai agi par ordre », n’est pas un argument acceptable, note le grand-rabbin Salzer...
     Les haies de la connaissance
     Dans la seconde partie du traité, sont abordés les thèmes fondamentaux de la mystique et de la cosmologie juives. « Hélas pour les créatures (de Dieu) qui voient et ne savent pas ce qu’elles voient (...) » (12b).
     C’est dans ce traité que sont narrés les épisodes majeurs de la vie de Aher (Elicha ben Abouya). La question des Sages est de savoir ce qu’il est licite de chercher à connaître, et ce qu’il ne faut à aucun prix chercher à comprendre. Mais pourquoi cet interdit ? Non pas pour quelque raison morale, mais parce que cette recherche rend fou – ainsi Ben Zoma est-il devenu fou en pénétrant dans le Pardès – quand elle ne rend pas blasphémateur ou incrédule – comme Aher.
     En quoi ce traité Haguiga est-il l’un des traités fondamentaux du Talmud, si ce n’est parce qu’il renferme toutes ces questions premières et leurs limites, telles les haies de la connaissance. Si ce n’est aussi parce qu’il contient certaines des aggadot les plus célèbres de la littérature talmudique.