Gai pied hebdo, 15 novembre 1990 par Hugo Marsan
Ce sont des histoires d’hommes ou plutôt de jeunes garçons, une initiation à la virilité. Publiées en Espagne en 1959, ces nouvelles de Jesús Fernández Santos sont empreintes des troubles et de la peur des années de guerre civile, mais les événements politiques n’interviennent que comme le décor d’une autre aventure plus intime, celle de l’enfance qui perçoit le monde adulte et le désastre à travers le prisme d’une imagination puissante et heureusement débridée. Une très grande pudeur préside à ces évocations douloureuses qui mettent en scène des êtres fragiles, qui tentent bien sûr d’acquérir la couche apparente de dureté qui préserve tant bien que mal une sensibilité que rien n’épargne. D’une écriture sûre, sobre et violente néanmoins, les nouvelles de Fernández Santos restent inoubliables.
Le Monde, 21 décembre 1990
Quatorze nouvelles de cet écrivain né à Madrid en 1926. Si l’enfance et la guerre en sont les thèmes explicites, les récits de Fernández Santos valent surtout par l’art de suggérer, par le détail ou l’ellipse qui montrent la précarité d’une existence, le tremblement d’une douleur... |