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  Notre tranchée de chaque jour

  Armand Gatti

  Théâtre
Présentation de Michel Séonnet

  112 pages
11,50 €
ISBN : 2-86432-240-4

Résumé

       Lorsqu’en 1962 Gatti arrive à Cuba pour tourner El otro Cristobal, l’île est en état de siège. Les navires des USA imposent leur blocus. Un débarquement est imminent.
     Pour la première fois, Gatti se trouve à l’intérieur d’une révolution en train de se faire. Non plus spectateur (journaliste, comme en Chine). Mais acteur. Formant avec son équipe une sorte de « brigade internationale » – il le dira.
     D’où l’inévitable confrontation avec le langage militant. Avec l’orthodoxie réaliste-socialiste. Qu’il ne peut que refuser.
     Il lui faut trouver le langage de cette révolution.
     Pour El otro Cristobal, ce sera dans une sorte de grand opéra baroque, épique, où s’empoignent les mythes : ceux des Caraïbes et ceux des conquistadores.
     Pour Notre tranchée de chaque jour, la démarche est tout autre. Il aborde la révolution cubaine par le combat de chaque jour. Par cette multitude de petites tranchées qui, s’additionnant, se multipliant, conduisent inexorablement ceux qui y mènent combat au rendez-vous avec l’histoire. Si l’histoire se contente de quelques dates (ici la Baie des Cochons), ces dates ne sont que le moment où se rejoignent et se conjuguent la « quantité innombrable d’existences » que chacun porte en lui et contre lesquelles « la mort physique ne peut rien ».
     D’où la construction « pulvérisée » de cette pièce. Fragments. Brisures. Morceaux qui s’entrecroisent. Chacun est porteur d’une part de la vérité de cette révolution. L’amour y a sa place. Et les défaites aussi. Et parmi ces défaites, celle jamais cicatrisée des républicains espagnols qui ici, sur la jetée de La Havane, poursuivent le combat commencé dans les rues de Madrid et de Barcelone.
     Notre tranchée de chaque jour n’a jamais été jouée. Comme El otro Cristobal n’a jamais été diffusé. Parce qu’il n’y avait pas de place, dans ce combat, à cette époque, pour un langage qui tout en étant politique ne soit pas militant ?