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  Le Zohar - Cantique des cantiques

 

  Traduction, annotation et avant-propos par Charles Mopsik

  224 pages
16,50 €
ISBN : 2-86432-309-5

  Voir aussi : Le Zohar - Genèse Tome I - Le Zohar - Genèse Tome II - Le Zohar - Genèse Tome III - Le Zohar - Genèse Tome IV - Le Zohar - Lamentations - Le Zohar - Livre de Ruth

Résumé

Exposé sur Le Zohar par Charles Mopsik :

Document sonore de 35 mn
(Vous devez posséder Real player pour lire cet extrait. Téléchargez-le sur http://france.real.com/freeplayer_r1p.html)

Le Zohar est constitué de deux grandes parties : L’une commente le Pentateuque, l’autre le Livre de Ruth, les Lamentations et le Cantique des cantiques.

Livre de Ruth
Ce volume commente le livre biblique de Ruth. Il est l’un des joyaux de la littérature cabalistique où les principales notions et les motifs les plus importants du Zohar se trouvent rassemblés.
Sans être réduite à une abstraction, la figure de Ruth se trouve élevée au niveau d’un signifiant essentiel : elle représente aussi bien l’âme humaine dans son périple terrestre et eschatologique que la dimension féminine du divin.

Cantique des cantiques
Si le Cantique des cantiques est considéré par la tradition juive comme le saint des saints parmi les ouvrages du canon sacré, Le Zohar sur le Cantique des cantiques est l’une des plus belles sections de l’ensemble du Zohar – peut-être la plus belle.
L’ouvrage développe le thème de l’amour et de la rencontre selon diverses variations qui vont de l’humain au divin.
Des éclairages profonds et originaux sur les lettres hébraïques et le mystère de la création forment une part substantielle de son contenu.
Il se présente comme un dialogue entre rabbi Siméon ben Yohaï et le prophète Élie. Les enseignements de la tradition cabalistique qu’il révèle et met en forme n’ont souvent pas d’équivalent dans les autres strates du Zohar, ce qui lui confère une importance historique et doctrinale indispensable à la compréhension de l’ensemble du corpus ésotérique juif.

Lamentations
Le Zohar sur les Lamentations est non seulement la plus singulière d’entre toutes les sections du corpus zoharique, mais il n’est pas exagéré de dire qu’il en est la clé.
Il suppose en effet la totalité du Zohar et l’ensemble du système de pensée cabalistique comme arrière-plan et comme socle, et en même temps il se passe totalement de toute lecture préalable, de toute explicitation.
Il est abordable tel quel, comme objet littéraire indépendant et de portée universelle, bien qu’il ne parle que d’événements particuliers, d’un peuple particulier, d’un Dieu particulier, d’une histoire singulière.
Mais le langage qu’il emploie pour en parler est le plus universel de tous les langages, c’est celui de la poésie, de l’imagination, de la création artistique.
Et comme la poésie est aussi la pensée, le Zohar sur les Lamentations est sans doute, de tous les volumes du Zohar, celui qui donne le plus à penser, parce qu’il explique le moins, parce qu’il dit le plus.



Extraits de presse

     L’Arche, n° 495, mai 1999
     par Maurice-Ruben Hayoun
     Charles Mopsik et l’histoire de la Kabbale

     [...] Charles Mopsik nous offre une belle traduction du Zohar sur le Cantique des cantiques. Dans une introduction brève et éclairante, il situe ce petit écrit dans l’ensemble du corpus zoharique et relève la singularité de ce rouleau biblique dans l’histoire de l’exégèse judéo-médiévale, qu’elle soit d’orientation philosophico-allégorique ou résolument mystique. Déjà, dans la littérature talmudique, on sent que le statut de ce livre d’amour a été très longtemps controversé. Les talmudistes mettaient en garde quiconque chanterait ce cantique comme une chanson d’amour vulgaire (ke-min zémer) et l’on allègue la décision de rabbi Aqiba qui y voit la quintessence même de la sainteté. C’est cette idée que l’auteur du Zohar développe à l’aide d’hyperboles (II, 143a) : le Cantique des cantiques devient un archétype intelligible de la Torah dans son ensemble et une typologie des mystères de Dieu et de la nature. Les philosophes médiévaux y verront, quant à eux, une allégorie de l’union entre l’intellect agent, intelligence cosmique préposée au gouvernement du monde sublunaire (dit aussi notre bas monde), et notre intellect hylique, c’est-à-dire engagé dans la matière.
     Il est indéniable que l’exégèse mystique du Cantique, telle qu’elle se lit dans cette partie du Zohar, tente de faire pièce aux philosophes. Lecteurs attentifs des textes sacrés, les pré-kabbalistes avaient repéré, dans la description de la bien-aimée, le terme hébraïque qomatekh (ta taille, ton corps), et ce même mot s’est retrouvé dans le titre d’un curieux opuscule nommé Shi’ur Qomah (Mesure de la taille de Dieu). C’est ainsi que le héros mystique du Zohar, Siméon ben Yohaï, s’entretient avec le prophète Élie, le seul grand prophète auquel la tradition n’attribue pas de livre spécifique. Il faut savoir que la révélation des mystères (galley razaya) est directement reliée à ce même prophète Élie qui intervient abondamment dans ce commentaire et réserve la primeur de ses informations à un interlocuteur privilégié, Siméon ben Yohaï.
     Le traducteur se demande qui a écrit ce commentaire zoharique du Cantique des cantiques et affirme qu’il ne peut s’agir que de l’auteur de la partie principale du corpus ; il faudrait, cependant, étoffer les preuves stylistiques et philologiques, car ce commentaire ne révèle pas vraiment de profondes affinités idéologiques avec la majeure partie de l’œuvre.
     La première partie, consacrée au Midrash ha-né’élam (Midrash occulte) sur le Cantique des cantiques, frappe par ses renvois presque exclusivement à l’Ecclésiastique et aux Proverbes. Quant au commentaire lui-même, on y lit de sagaces et profondes remarques sur le monde séfirotique où dominent, comme à l’accoutumée, les symbolismes de Bina, de Tif’érét et de Malkhout. Très judicieuse nous apparaît la traduction interprétative du Zohar du passage ki tobim dodékha miyayine : non pas des caresses « meilleures que le vin » mais tout bonnement « provenant du vin » (mi-yayine). Très ingénieuse est l’interprétation zoharique de Cantique 1 ; 4 qui enjoint de « se réjouir en toi » (BaKH) : c’est la valeur numérique de l’expression BaKH, c’est-à-dire 22, les vingt-deux lettres de l’alphabet hébraïque, par lesquelles Dieu a créé l’univers. Cette mystique des lettres se manifeste de nouveau (p. 142) dans un passage qui dit que « les lettres n’étaient pas encore inscrites jusqu’à ce qu’elles pénètrent au sein du palais caché. Les lettres en ressortirent à l’état liquide et ensuite se cristallisèrent. » Ce passage me rappelle un développement de même nature sous la plume d’un grand averroïste du XIVe siècle, Moïse de Narbonne, qui conserva, au soir de sa vie, dans les strates archaïques de son âme quelques images profondément mysticisantes de sa jeunesse. [...]

 

     BCLF, n° 602, novembre 1998

     Après les éditions du Zohar sur la Genèse et sur le livre de Ruth, celle que consacre Charles Mopsik au Cantique des cantiques et au Midrash-ha-néélam qui le précède est la première traduction existante en français de ce texte. Très soigneusement annotée (843 notes), elle est précédée d’une introduction substantielle de trente-deux pages, qui précise essentiellement les points suivants : le genre (un dialogue entre Élie et le Tanna Siméon bar Yohai) ; la relation à la cabale espagnole, avec les principaux thèmes qui la caractérisent, ainsi celui de l’anatomie divine, et par ailleurs le rôle prééminent accordé à l’interprétation des lettres ; la place essentielle du Cantique des cantiques dans le Zohar, avec le lien entre les lettres de l’alphabet (pas seulement les consonnes) et les sefirot ; l’interprétation en termes de « guerres magiques » du combat entre Israël et l’Égypte ; l’interprétation originale des acteurs : le Bien-Aimé assimilé à la dimension masculine du monde divin et la Bien-Aimée à sa dimension féminine, la Shekinah. Finalement, on est bien en présence d’un commentaire, mais avec la spécificité qu’il ne s’agit pas de « fournir l’élucidation dernière » du texte (« le sens de chaque verset est infini », p. 28), mais de « mettre en scène le monde divin », à partir de 1’idée d’une « non-séparation entre la source divine de l’Écriture et le tissu littéraire biblique » (p. 29). Seul le premier chapitre du Cantique des cantiques est ainsi « commenté », à l’aide de nombreuses références à la Bible (surtout au Pentateuque) et bien sûr au Talmud et à l’ensemble de la littérature cabalistique. Comme dans le reste du Zohar, l’interprétation par les lettres, souvent compliquée (« tortueuse » admet même Ch. Mopsik) est très développée : « par le secret des lettres tout a été édifié » (p. 81). Les formes littéraires sont variées, ce qui ne dépayse pas par rapport à l’ensemble de la littérature rabbinique et précisément cabalistique : discursives et dialogiques, souvent descriptives (« les chambres du jardin d’Éden », p. 103 sq.), ou narratives (« parabole du roi qui voulut protéger son serviteur », p. 90). Mais il faut remarquer qu’ici, plus qu’ailleurs peut-être, elles concourent toutes à former un genre poétique d’autant plus original que la source en est le Cantique des cantiques.